Vers une écotaxe régionale en Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?

Frédéric Cuvillier veut mettre en place une taxe pour les poids lourds en transit. Il réclame "un moratoire" au gouvernement sur le démantèlement des portiques écotaxe dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Frédéric Cuvillier, alors ministre des Transports, le 25 juin 2014 à Paris.
Frédéric Cuvillier, alors ministre des Transports, le 25 juin 2014 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L'écotaxe, abandonnée l'an dernier, va-t-elle refaire surface au niveau régional ? Frédéric Cuvillier, député-maire socialiste de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et ancien ministre des Transports, relance l'idée, lundi 10 août, dans une interview publiée dans le journal Les Echos.

"J'ai plaidé dès l'an dernier pour que le principe de l'écotaxe, qui a dû être abandonné au niveau national, puisse renaître dans les régions. Ce sujet est particulièrement pertinent dans notre territoire, qui subit un fort transit de camions du fait de la proximité de l'Angleterre et de la Belgique", explique-t-il, en souhaitant que la future région Nord-Pas-de-Calais-Picardie soit "pionnière dans la mise en place d'un tel dispositif".

S'inspirer du système belge

L'écotaxe a été abandonnée par le gouvernement en octobre 2014. Mi-juin, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, avait dit qu'elle allait examiner l'idée de laisser la possibilité à certaines régions de mettre en place une taxe pour les poids lourds en transit.

Frédéric Cuvillier réclame ainsi "un moratoire" au gouvernement sur le démantèlement des portiques dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie et souhaite s'inspirer du système belge, baptisé "Viapass" : "Je propose donc l'extension du système belge, (...) cela pourrait constituer le premier pas vers la création d'une taxe transit européenne."

Bartolone séduit, Marine Le Pen opposée

Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et tête de liste PS pour les régionales en Ile-de-France, s'est également déclaré lundi "favorable" à la mise en place d'une écotaxe pour les camions en région parisienne. "Je pense que ce serait une bonne chose que de trouver un système qui permette d'élargir la base de nos financements pour pouvoir le plus vite possible réussir la modernisation de nos réseaux de transports", a-t-il précisé.

Au contraire, pour Marine Le Pen, "cette perspective, qui constituerait un nouveau coup très dur pour nos routiers, déjà gravement mis en difficulté par la concurrence déloyale exercée par des transporteurs en provenance d'Europe de l'Est, est parfaitement intolérable". "Le Front National s'opposera donc résolument à toute taxation supplémentaire des routiers français, y compris au niveau régional", ajoute la tête de liste frontiste pour les régionales en décembre prochain.