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Eco-taxe sur les colis en Ile-de-France : "Le e-commerce n'est pas vertueux, il pourrait contribuer au financement des transports", défend la mairie de Paris

L'adjoint aux mobilités David Belliard souhaite également taxer les SUV afin notamment d'éviter une nouvelle hausse du Pass Navigo. La ville doit trouver 1,5 milliard d'euros supplémentaires pour "mettre en marche de nouvelles lignes".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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La préparation des colis chez un prestataire de La Poste. (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"Le e-commerce n'est pas vertueux, il pourrait contribuer au financement des transports", a déclaré dimanche 22 janvier sur franceinfo David Belliard, maire adjoint de Paris, en charge de la transformation de l’espace public, et des mobilités. Pour éviter un pass Navigo à 120 euros, l'élu propose une taxe sur les SUV et une éco-contribution sur les colis. Des assises du financement des transports franciliens auront lieu ce lundi.

Faut-il s'attendre à une nouvelle hausse du prix des transports ?

Il faut éviter une nouvelle augmentation du tarif des transports, du Pass Navigo qui a déjà été augmenté de plus de 12% en décembre 2022. On a besoin de sortir d'un modèle tout voiture, mais on ne peut pas dire aux gens d'arrêter d'utiliser leur voiture et ne pas leur proposer une solution de transport qui soit de qualité et surtout qui soit accessible sur un plan financier. Nous savons que nous allons avoir besoin à peu près d'un milliard et demi en plus pour faire fonctionner les transports en commun en Ile-de-France parce que nous allons mettre en marche de nouvelles lignes.

Vous souhaitez taxer les SUV et une éco-contribution sur les colis. Pourquoi ?

Il y a environ un million de colis livrés par jour en Ile-de-France. J'ai entendu un certain nombre d'élus parler d'une contribution sur la question des colis. Dans toutes les grandes villes, l'utilisation du e-commerce et des livraisons a explosé. Cela génère de l'encombrement de l'espace public, de la pollution, du bruit, souvent des emplois mal payés, pour certains on parle d'esclaves modernes. Il y un modèle qui n'est pas complètement vertueux et qui pourrait contribuer au financement de transports plus vertueux sur un plan écologique et social.

Comment comptez-vous mettre en place de telles taxes ?

C'est un sujet. Lors des assises du financement des transports franciliens nous allons discuter de la manière dont on peut financer les transports en commun. La question maintenant est celle de la responsabilité. On voit bien que la réalité du pouvoir est encore trop centralisée au niveau national. C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités. Cette logique de pollueur-payeur, de redistribution, que j'avance avec un certain nombre d'outils, va être posée lors du débat.

Comprenez-vous que vos solutions ne vont pas plaire à tous ?

C'est le principe des impôts. Nous avons un problème de redistribution générale dans ce pays. Nous avons des fortunes qui s'accumulent et qui ne sont pas ou trop peu taxées. Nous avons des comportements qui ne sont pas vertueux, notamment de grandes entreprises. Il y a une question de redistribution : qu'est-ce que nous voulons payer et qu'est-ce que nous voulons pénaliser ?

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