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Voitures, bornes, abonnements... A quoi va ressembler l'après-Autolib' ?

Après sept ans d'existence, le service Autolib' doit s'arrêter mardi 31 juillet. Comment s'organise la disparition de ces véhicules électriques en libre-service gérés par Bolloré ? 

Article rédigé par
Lison Verriez - franceinfo
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Le service de véhicules partagés Autolib' installé dans la capitale et en région parisienne doit s'arrêter après sept ans d'existence, mardi 31 juillet 2018.  (MAXPPP)

Adieu petites voitures électriques grises. Après une diminution progressive du nombre de véhicules et de stations disponibles, entamée dès le 2 juillet, Autolib' doit officiellement tirer sa révérence mardi 31 juillet, dans la capitale et ses environs. Un clap de fin prévu depuis le 21 juin, avec la résiliation du contrat liant le syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SVAM) et le groupe Bolloré.

Lancé en 2011, le service, qui comptait près de 150 000 abonnés actifs, a souffert de problèmes dans la gestion de son parc de voitures et d'un nombre de locations insuffisant. Franceinfo vous explique tout ce qu'il faut savoir sur l'après-Autolib'. 

Que vont devenir les voitures ? 

Elles étaient 4 000 en circulation sur les chaussées de Paris et de sa proche banlieue. Que vont-elles devenir ? Une chose est sûre : les municipalités ne vont pas racheter les voitures. Interrogé par Challenges, un porte-parole de Bolloré affirmait, mi-juillet, que "le syndicat mixte a l'obligation contractuelle de racheter les bornes de charge, mais pas les voitures". Elles restent donc propriété du groupe Bolloré. 

Une distribution des véhicules dans les villes où un service similaire est proposé a été envisagée, par exemple à Bordeaux avec les Bluecub, Lyon et ses Bluely ou encore à Turin (Italie). Autre hypothèse, la vente des véhicules à des particuliers ou encore à des entreprises privées. 

Mais d'après Challenges, l'entreprise pourrait avoir choisi une tout autre solution : la casse. Ou plutôt le recyclage. Le magazine indiquait le 20 juillet que le démantèlement de la flotte avait déjà commencé. Plusieurs centaines de voitures ont ainsi été emmenées à Romorantin-Lauthenay (Loir-et-Cher), selon La Nouvelle Républiqueoù se trouvent plusieurs entreprises spécialisées dans le recyclage automobile. 

Que vont devenir les bornes électriques ? 

Les communes où sont installées les bornes pourront en hériter. Le réseau Autolib' compte 1 100 stations qui représentent 6 200 places. La mairie de Paris a d'ores et déjà annoncé sa volonté de rendre "les bornes de recharge électrique Autolib' accessibles aux Parisiens et aux Franciliens pour la recharge de leur véhicule personnel". Les bornes devraient être accessibles "au début de l'année 2019", précise la mairie. La raison de cette attente ? Le logiciel de pilotage utilisé pour les Autolib' appartient à Bolloré, et le groupe n'a pas l'intention de le vendre aux municipalités. Dans un communiqué, la mairie annonçait aussi l'existence de 620 bornes de recharge "présentes sur le territoire parisien, en voirie ou en parkings souterrains, utilisables avec un badge BeLib'"

Les autres communes se retrouvent avec leurs bornes sur les bras, mais sans "logiciel" pour les faire fonctionner. "Les communes pourront les remettre en service en souscrivant un abonnement électrique et les mettre à disposition des usagers. Mais sans système d’information, il n’y aura pas de données sur l’utilisation, pas de possibilité de refacturer à l’utilisateur… Ce serait une utilisation en accès libre, aux frais de la collectivité", souligne, dans Le Parisien, Catherine Baratti-Elbaz, présidente PS du syndicat Autolib' Vélib' Métropole. Des conditions contraignantes pour les communes, qui pourraient repousser, voire compromettre la remise en route des bornes électriques. 

Et les places de stationnement ? 

Bonne nouvelle pour les propriétaires d'un véhicule électrique en autopartage : la mairie de Paris a décidé que les 3 244 places de stationnement d'Autolib' dans la capitale leur seront dédiées. Qu'ils soient parisiens ou franciliens et à titre professionnel ou personnel, le stationnement sera gratuit, dans la limite de six heures consécutives. Le communiqué de la mairie prévoit que cette disposition sera effective à l'arrêt du service Autolib'. 

Des villes comme Yerres, dans l'Essonne, ont décidé de transformer les stationnements Autolib' en places classiques, accessibles à tout type de véhicules, rappelle Europe 1.

Et si l'on veut continuer l'autopartage ? 

Pas de panique pour les Franciliens qui souhaiteraient poursuivre l'autopartage. La place laissée par Bolloré fait déjà des envieux. Le groupe Renault a annoncé, le 4 juillet, lancer en septembre une nouvelle offre. Ce projet de "free-floating" (libre-service sans stations ni réservation) devrait fonctionner sans bornes, contrairement aux voitures d'Autolib'. D'ici 2019, le groupe prévoit de déployer 2 000 véhicules électriques. 

Un filon que Renault n'est pas le seul à convoiter puisque PSA a aussi officialisé le lancement d'une flotte de 500 voitures électriques dans la capitale au dernier trimestre 2018. D'autres candidats seraient sur les rangs, comme Ubeequo (Europcar), Zipcar (Avis) ou des constructeurs étrangers. Si l'autopartage a encore de beaux jours devant lui, les derniers adeptes d'Autolib' devront arrêter leur véhicule avant minuit, mardi.

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