Trafic de viande de chevaux de selle : enquête ouverte

Après l'affaire Spanghero, un nouveau scandale de trafic de viande a été découvert dans l'Est de la France. Il ne s'agit pas de viande de cheval vendue comme de la viande de boeuf, mais de chevaux commercialisés alors qu'ils sont impropres à la consommation humaine. Même s'il n'y aurait aucun risque pour la santé, une enquête a été lancée. Le parquet de Marseille indique que 3.000 chevaux sont concernés.

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Le gouvernement français avait décidé, en février, de mettre la filière viande "sous surveillance ", après le scandale autour de la viande de cheval, présente de manière cachée dans différents plats grâce à un étiquettage frauduleux.

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Cela n'a pas suffi, visiblement, pusique le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'une enquête était en cours après la découverte d'un trafic de chevaux de selles écoulés illicitement dans l'alimentation humaine. 

C'est "un réseau mafieux belge " qui serait parvenu "à contourner frauduleusement notre réglementation sanitaire " en rachetant à des centres équestres ou des particuliers de chevaux de selle pour les faire abattre après avoir falsifié leurs carnets de santé. 

De la viande impropre à la consommation 

Cette fraude, révélée par un centre équestre des Ardennes, qui a porté painte, a été confirmée par la Coordination rurale et la FNEPE (Fédération nationale des éleveurs professionnels d'équidés). Elle a été repérée notamment dans l'est de la France, dans un abattoir d'Alès (Gard). 

Cette fois-ci, il ne s'agit pas de viande de cheval vendue comme si c'était du boeuf, mais bien de viande de cheval impropre à la consommation. Le problème vient en effet de la provenance de la viande : les chevaux de selle.

Des chevaux bourrés de médicaments

En réalité, des chevaux de selle, autrement dit des chevaux de course ou de promenade sont potentiellement "impropres à la consommation ", compte tenu des médicaments qu'ils reçoivent : des antibiotiques, des antiinflammatoires qui ne sont pas destinés à la consommation humaine. Le parquet de Marseille a indiqué vendredi soir que 3.000 chevaux étaient concernés.

Selon une source proche de l'enquête, la viande incriminée a déjà été commercialisée dans l'Est de la France, et cela depuis plusieurs mois. Pas de danger immédiat pour la santé; les traces sont infimes. En revanche on est bien en dehors de la réglementation.

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Falsification des carnets de santé

Mais les trafiquants ont réussi à contourner les règles sanitaires françaises en falsifiant les carnets de santé des chevaux en Belgique, avant de les abattre en France.

Selon des professionnels du secteur, le "réseau" de fraudeurs rachetait les chevaux à des centres équestres ou des particuliers, leur faisant miroiter une "retraite paisible ". Ils les emmenaient alors en Belgique pour les immatriculer différemment. Ils revenaient par la suite dans des abattoirs français, notamment à Alès dans le Gard. 

"De la viande impropre à la consommation humaine a été mise dans le circuit" (Jacques Largeron, président de la Fédération nationale des éleveurs professionnels d'équidés)

Jessica Stark, porte-parole de World Horse Welfare, expliquait dans le journal Le Monde les raisons de la supercherie : "Incinérer un cheval coûte de l'argent. En faire de la viande rapporte quelques centaines d'euros". 

Contacté, le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'une enquête avait été ouverte, mais n'a pas souhaité préciser si elle avait été lancée avant ou après les révélations. Pour l'instant, il est  impossible de connaître l'ampleur du trafic. Des abattoirs des départements de l'Hérault et du Nord pourraient aussi être concernés.