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Le capitaine Trichet quitte la BCE en pleine tempête

Après huit ans passés à la tête de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet passe la main au président de la Banque d'Italie.

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France Télévisions
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Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, le 24 octobre 2011 à Berlin. (JOHN MACDOUGALL / AFP PHOTO)

Dernier jour pour Jean-Claude Trichet à la tête la Banque centrale européenne (BCE). Après huit ans passés à la direction de l'institution, ce haut fonctionnaire français sera remplacé, lundi 31 octobre, par Mario Draghi, actuel président de la Banque d'Italie. Dans un entretien au Monde daté du 30 octobre, Jean-Claude Trichet s'exprime sur l'accord trouvé mercredi dernier entre les pays membres de l'UE pour résoudre la crise de la dette et de l'euro, et sur l'économie mondiale en générale. 

"Un des principaux défis de la zone euro réside dans la communication avec les investisseurs du reste du monde qui ont de la peine à déchiffrer les processus de décision européens, estime-t-il. Pourvu que leurs décisions soient rapidement appliquées, les nations de la zone euro ont les moyens d'améliorer la perception que le reste du monde a de l'Europe."

Jean-Claude Trichet, âgé aujourd'hui de 69 ans, n'hésite pas à parler de "tempête" pour qualifer la crise de l'euro. "Il faut être en état d'alerte permanent. Les intempéries sont particulièrement intenses depuis quatre ans". Et de filer la métaphore marine pour assurer son soutien à son futur successeur : "L'équipage de la BCE est sur le pont. Il ne change pas. Le futur président est dans le navire depuis des années. Il a participé à toutes les décisions de façon collégiale. Il a une expérience considérable".

"Le système financier doit changer ses valeurs"

Le haut fonctionnaire européen rappelle que depuis 1999 et la création de la monnaie unique, "les prix ont augmenté de 2% par an. Nous avons fait ce que nous ont demandé les démocraties européennes". S'agissant de l'emploi, il se félicite que la zone euro soit à l'origine de la créationt de "14 millions d'emplois, contre 7 millions aux Etats-Unis".

Interogé par Le Monde sur le mouvement des "indignés" qui a gagné l'Europe, l'Amérique ou l'Asie, Jean-Claude Trichet se monde compréhensif, et même offensif. "Le système financier doit changer de valeurs", plaide-t-il, tout en expliquant que ce mouvement est un signe que pour certains, "les changements sont trop rapides (...) Il faut un effort permanent d'adaptation de nos sociétés et de nos économies beaucoup plus rapide que par le passé".

L'interview s'achève sur une note plus personnelle. A la question "Qu'allez-vous faire maintenant ?", Jean-Claude Trichet lance simplement : "Je vais d'abord lire beaucoup et beaucoup méditer. Ensuite, je me connais, je sais que je resterai actif !"

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