Le déficit public de la France en forte baisse en 2011, mais la dette continue d'exploser

Il était de 7,1% en 2010 et de 7,5% en 2009. C'est mieux que l'engagement pris par le gouvernement, qui avait promis de réduire le déficit à 5,7 % du PIB.

Le ministère des Finances, le 14 avril 2011 à Paris.
Le ministère des Finances, le 14 avril 2011 à Paris. (WITT / SIPA)

Bonne nouvelle pour la France, mais aussi pour le gouvernement et le président candidat : le déficit public du pays a diminué de 1,9 point en un an pour s'établir à 5,2% du produit intérieur brut (PIB) en 2011, a indiqué sur Europe 1 vendredi 30 mars Nicolas Sarkozy. Mais dans le même temps, la dette publique du pays a continué d'augmenter, davantage qu'attendu, atteignant le niveau record de 85,8% du PIB, a aussi annoncé l'Insee vendredi. 

Le déficit public est la somme des déficits budgétaires de l'Etat, des collectivités locales et de différents organismes publics, c'est-à-dire la différence entre leurs recettes et leurs dépenses. Et la dette publique est l'endettement cumulé de ces différentes entités : elle découle en partie du déficit, les administrations étant obligées d'emprunter pour le combler. FTVi fait le point sur l'état des finances de la France. 

• Le déficit public baisse plus que prévu…

Le déficit public, qui comprend les comptes de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale, a été ramené de 7,1% en 2010 du produit intérieur brut (PIB) à 5,2% en 2011, soit la plus forte réduction jamais réalisée par la France.

Nicolas Sarkozy a précisé qu'ainsi la France avait réalisé 22 milliards d'euros d'économies. "La France a fait beaucoup mieux grâce aux efforts des Français", a-t-il dit, en soulignant que François Hollande avait déclaré, lors de la présentation du projet de loi de finances 2011, que cet objectif était "inatteignable". Cela signifie "que les engagements que j'ai pris, si les Français me font confiance, d'être à 3% en 2013 seront tenus et à 0% en 2016, ce sera tenu".

Francetv info

Ce score "sans précédent" pourrait "faciliter le respect des engagements de la France [vis-à-vis de l'Union européenne] pour 2012 et 2013", confirment Les Echos. Paris a en effet promis de réduire le déficit public à 3% du PIB. De son côté, le candidat socialiste François Hollande promet de le ramener à 4,5% fin 2012. 

• ... mais la dette publique explose plus que prévu

La dette publique a donc continué d'exploser, à 85,8% du PIB en 2011 contre 82,3% en 2010, selon l'Insee. C'est davantage que prévu par le gouvernement, qui tablait sur une dette à 84,9% l'an dernier. La dette a augmenté de 122,1 milliards d'euros en un an, après avoir déjà crû de 101,7 milliards en 2010. Et le gouvernement ne prévoit pas de reflux avant 2014.

Et les intérêts versés bondissent de 9,5% "en raison de l'augmentation de la dette et de la hausse de l'inflation", précise l'Insee. Les prestations sociales sont, elles, "sur la même dynamique qu'en 2010 : +3,1% après +3,2%".

• Les recettes des impôts augmentent

Avec le retour d'un peu de croissance, les recettes continuent de leur côté d'accélérer, augmentant de 5,9% après +3,3% en 2010. Les impôts sur le revenu et le patrimoine montent de 10% grâce à l'impôt sur les sociétés (+8,7 milliards d'euros), la CSG (+5,2 milliards) et l'impôt sur le revenu (+3,6 milliards). Les impôts sur les produits et la production, comme la TVA, sont en hausse de 5,8%.

Dans le détails, les prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations...) grimpent de 42,5% du PIB en 2010 à 43,8% l'an dernier, soit un peu plus que les 43,7% prévus. Et les dépenses publiques baissent davantage qu'escompté, de 56,6% du PIB en 2010 à 55,9% en 2011 (au lieu de 56,3% prévus).