Harcèlement moral à France Telecom : le syndicat Sud-PTT regrette que les ex-dirigeants "n'aient eu que du sursis" en appel

L'ancien PDG Didier Lombard a été condamné en appel à un an de prison avec sursis. Patrick Ackermann se dit "fier d'avoir mené ce combat" et reconnait tout de même que cette décision est historique.

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Radio France
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Le siège d'Orange, ex-France Telecom, à Issy les Moulineaux, en février 2023. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Je suis "un peu partagé", a réagi, vendredi 30 septembre sur franceinfo, Patrick Ackermann, du syndicat Sud-PTT, qui est à l'origine de la plainte en justice contre les ex-dirigeants de France Telecom dont les peines ont été allégées par la cour d'appel de Paris.

Didier Lombard, l’ex-PDG et Louis-Pierre Wenès, ex-numéro 2, sont condamnés à un an de prison avec sursis. Ils doivent payer une amende de 15 000 euros. En première instance, ils avaient été condamnés à un an d'emprisonnement, dont huit mois avec sursis, et 15 000 euros d'amende pour leur "rôle prééminent" dans la mise en place d'une politique de réduction des effectifs.

"La décision de la Cour d'appel permet de tourner cette page", réagit sur franceinfo Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC Orange. Pour le syndicaliste, cette peine confirme que la "maximisation des profits ne peut pas se faire au détriment du personnel et un management ne peut pas se faire au travers de la violence sociale". Il espère que cette décision de justice amènera d’autres dirigeants à réfléchir.

Un jugement "historique"

Malgré ces condamnations moins sévères, Patrick Ackermann du du syndicat Sud-PTT se dit "très fier d'avoir porté un combat pendant autant d'années contre une entreprise du CAC 40". Il reconnaît que "c'était quand même assez difficile d'espérer gagner sur la question du harcèlement moral et institutionnel. On a gagné très nettement en première instance qui était un jugement exemplaire.

Pour le représentant du syndicat Sud-PTT, "que des dirigeants n'aient que du sursis, c'est choquant, mais il n'en reste pas moins que c'est un jugement historique. La jurisprudence France Telecom existe", se félicite-t-il. "C'est une bataille syndicale qu'il va falloir mener. C'est aux forces vives du monde ouvrier et du monde des travailleurs d'essayer d'aller plus loin", dans ce combat, explique-t-il. 

Sur un potentiel pourvoi en cassation, Sébastien Crozier de la CFE-CGC doute que “la justice de notre pays ne reconnaisse pas ce harcèlement généralisé et d'une extrême violence” et d’ajouter “il est indispensable que la page se tourne à la fois pour les victimes encore survivantes et à la fois pour les familles des victimes”.

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