"Les salaires sont toujours gelés, ce n'est pas normal" : témoignages de salariés qui vont manifester mardi pour défendre leur pouvoir d'achat

Après un an et demi d'un crise sanitaire et alors que les prix des énergies atteignent des sommets, plusieurs syndicats appellent à manifester mardi notamment pour défendre les salaires et le pouvoir d'achat. 

Article rédigé par
Louise Buyens - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Manifestation du 1er mai à Hennebont dans le Morbihan (photo d'illustration). (THIERRY CREUX / MAXPPP)

Journée nationale de mobilisation interprofessionnelle, mardi 5 octobre, à l'appel de l'intersyndicale CGT, FO, FSU et Solidaires ainsi que des organisations de jeunesse Unef, MNL, Fidl et UNL. Des manifestations pour défendre l'emploi, les services publics et contre les réformes de l'assurance-chômage et des retraites. Les revendications portent notamment sur l'augmentation des salaires et la défense du pouvoir d'achat.

>> Ecoles, transports, manifestations… Ce qu'il faut attendre de la journée de grève de mardi

Parmi les travailleurs présent dans les cortèges mardi, il y aura par exemple Djamel. Le salaire de cet agent de sécurité en région parisienne n'a pas bougé depuis 15 ans. "Je suis agent de sécurité confirmé et ma paye est à 1 380 euros, déplore-t-il. Pourquoi dans ce métier et dans cette branche cela n'a pas évolué ? Les salaires sont toujours gelés, ce n'est pas normal."

Des fins de mois difficiles

Le Smic a bien augmenté de 35 euros brut par mois au 1er octobre mais il s'agit d'une hausse mécanique basée sur l'inflation. Pas de quoi compenser, par exemple, la flambée des prix de l'énergie. Pour Djamel, les fins de mois sont de plus en plus difficiles : "J'ai une femme qui ne travaille pas avec quatre enfants, j'ai entre 400 et 450 euros de découvert chaque mois."

Dans les cortèges, on retrouvera aussi les salariés dits de "deuxième ligne" particulièrement exposés pendant la crise sanitaire, comme Glareh, caissière à la Fnac. Depuis la sortie du premier confinement, elle a toujours travaillé et a eu peur pour sa santé. "Quand on traverse des périodes de crise comme ça, on attend un peu plus de reconnaissance, explique Glareh. Évidemment depuis le début il n'y a rien qui est mis en place pour forcer les entreprises à quoi que ce soit envers les salariés. Notamment la "prime Covid", ça fait des mois à La Fnac que nous, les salariés, on la réclame et qu'on nous dit que non sans même nous donner une raison."

"Ce serait bien de contraindre les entreprises à certaines choses, mais cela fait bien un moment que l'État n'écoute plus les citoyens, les salariés."

Glareh, caissière à la Fnac

à franceinfo

Question pouvoir d'achat, l'État a annoncé une aide pour contrebalancer la hausse des prix de l'énergie, une défiscalisation des pourboires pour aider les serveurs ou encore, en janvier dernier, une revalorisation des salaires des enseignants avec le Grenelle de l'éducation. Une mesurette selon Muriel, directrice dans une école de Seine-et-Marne : "Le Grenelle n'a permis d'augmenter que nos jeunes collègues de quelques euros par mois pour rattraper un salaire de début de carrière bien bas. Quant aux enseignants de fin de carrière, comme moi, il n'y a pas eu d'augmentation depuis 2010 et une perte de 20% du pouvoir d'achat. Ça fait un moment que ça dure et on aimerait bien à un moment être un peu plus reconnu." À 50 ans passés, Muriel avoue qu'elle a pensé à quitter son métier. Mais pour l'instant, elle préfère se battre et descendra dans la rue le temps qu'il faudra.

Manifestations pour le pouvoir d'achat : reportage de Louise Buyens
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