Grève dans l'éducation nationale : "L'autosatisfaction" du gouvernement "met en colère" le SNES-FSU

Alors que la FNES-FSU a lancé un appel à la grève pour la journée de jeudi avec la CGT, FO et SUD, la secrétaire générale du syndicat appelle le gouvernement à considérer sérieusement la question du salaire des enseignants.

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Jean-Michel Blanquer, le 22 septembre 2021, à Paris. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

L'"autosatisfaction" du gouvernement "nous met en colère", a déclaré jeudi 23 septembre sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU qui a lancé un appel à la grève pour la journée de jeudi avec la CGT, FO et SUD. Elle critique aussi bien le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer qui a mis en avant ces dernières semaines une revalorisation "historique" des enseignants, que le Premier ministre, Jean Castex, qui estime que l'Éducation nationale est "particulièrement choyée" par le gouvernement.

franceinfo : Pourquoi allez-vous dans la rue aujourd'hui ?

Sophie Vénétitay : C'est notamment cette autosatisfaction qui nous met en colère parce que ces mots ne correspondent absolument pas à ce que l'on vit sur le terrain. Quand on entend Jean-Michel Blanquer parler de revalorisation "historique" et qu'on regarde nos fiches de paie, il y a quand même un écart assez important puisque, par exemple, les dernières annonces du ministre ne vont pas concerner près de la moitié des professeurs, qui ne vont donc rien toucher dans cette fameuse revalorisation. Je veux bien entendre le Premier ministre qui nous dit que l'Éducation nationale a été choyée. Mais il y a quand encore des suppressions de postes à cette rentrée dans les collèges et les lycées. Cela veut dire tout simplement moins d'adultes aux côtés des élèves au quotidien pour les faire réussir. 

Vous n'avez pas les moyens suffisants ?

Clairement, on manque d'adultes dans les établissements scolaires. On est pourtant à un moment un peu critique. On espère pouvoir sortir rapidement de la crise sanitaire. Il y a des enjeux pédagogiques très forts et on nous supprime encore des moyens. Pour vous donner un ordre de grandeur, sur tout le quinquennat. Il y a 7 490 emplois qui ont été supprimés dans les collèges et les lycées. C'est comme si on avait rayé de la carte 166 collèges. C'est l'équivalent de 166 collèges qui ont disparu en moyens adultes aux côtés des élèves. Donc ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas entendre. 

Anne Hidalgo a promis de doubler le salaire des enseignants sur le temps d'un quinquennat si elle était élue à l'Élysée. Une proposition moquée par Jean-Michel Blanquer. Qu'en pensez-vous ?

 C'est une annonce qui a le mérite de mettre la question des salaires au centre du débat et c'est extrêmement important qu'on traite cette question-là quand on regarde le déclassement salarial de nos professions. Aujourd'hui, un professeur qui débute, il gagne l'équivalent de 1,2 fois le smic. C'était 2,3 fois le smic au début des années 1980. Donc oui, il faut qu'on parle salaire. Il faut qu'on parle revalorisation, mais sérieusement. C'est-à-dire en mettant sur la table tous les chiffres et qu'on donne des perspectives aux enseignants pour les prochaines années.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Syndicats

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.