Retraites complémentaires : la CFDT réclame des efforts partagés

Avant un nouveau tour de table mi-octobre sur l’avenir des retraites complémentaires, la CFDT avance des idées pour contrer les propositions du patronat.

(Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a formulé une série de propositions pour redresser les comptes du régime des retraites complémentaires du privé © MaxPPP)
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Sarah LemoineRadio France

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Comment sauver les régimes de retraites complémentaires des salariés du privé ? Cela fait sept mois que les syndicats et le patronat négocient à ce sujet, mais chacun campe sur ses positions. Avant la prochaine séance de discussion prévue à partir du 16 octobre, la CFDT a présenté ce mercredi ses propositions, afin de ne pas laisser le champ libre au seul plan du Medef . 

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La CFDT demande aux entreprises de mettre la main à la poche. L'organisation syndicale dirigée par Laurent Berger martèle qu'on ne peut pas demander aux seuls salariés et retraités de financer le rééquilibrage des caisses de retraites complémentaires. La CFDT propose ainsi d'augmenter les cotisations patronales de 0,1% entre 2019 et 2021. Elle propose aussi de taxer les entreprises qui licencient leurs seniors, c'est à dire leurs salariés de plus de 50 ans. Pour le numéro 1 de la CFDT, Laurent Berger, les efforts doivent donc être partagés.

"Nous avons fait des propositions parce que le patronat était dans une posture où les efforts étaient seulement apportés par les salariés et les futurs retraités, avec un abattement insupportable"

"Des efforts de la part des salariés et des retraités mais aussi une contribution des entreprises" : Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
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Un abattement atténué

En contrepartie de l'effort que fourniraient les entreprises, la CFDT accepte l'idée d'une décote pour les futurs retraités, mais moins punitive dit-elle que celle que tente d'imposer le Medef. Concrètement, tout salarié qui partirait en retraite à partir de 2019 verrait le montant de sa pension complémentaire baisser de 4 % pendant une durée moyenne de deux ans. Les retraités modestes et ceux concernés par des carrières longues ne seraient pas visés par le dispositif.

Le syndicat propose également de revoir les conditions d'attributions de la pension versée au conjoint survivant. Et de créer un nouveau régime de retraites complémentaires en fusionnant les caisses des cadres et des non cadres. La balle est désormais dans le camp du patronat.