VIDÉO. Retraites : Ségolène Royal dénonce la "brutalité" d'une réforme qui doit être retirée, "c'est évident"

L'ancienne ministre de l'Ecologie, ambassadrice chargée de la négociation internationale sur les pôles arctique et antarctique, estime jeudi sur franceinfo que la réforme des retraites menée par le gouvernement, "brutale", doit être retirée.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

Emmanuel Macron est "bien sûr" responsable de la crise actuelle, a estimé Ségolène Royal, ancienne ministre de l'Ecologie, ambassadrice chargée de la négociation internationale sur les pôles arctique et antarctique, jeudi 19 décembre sur franceinfo avant de dénoncer "la brutalité de cette réforme des retraites.Cette réforme doit, selon elle, être retirée, "c'est évident, ça crève les yeux".

"Comment est-ce que les gens peuvent aujourd’hui se remettre au travail, comment est-ce que le calme peut revenir, si ce n’est en retirant cette réforme et en reprenant le travail dans de bonnes conditions, correctement, sur des bases claires, en début d’année prochaine ?", a poursuivi Ségolène Royal, critiquant "un gouvernement arc-bouté pour des raisons d’ego sur les annonces qu’il a faites". "Le gouvernement est beaucoup plus borné que l'ensemble des autres partenaires", a-t-elle estimé.

Mon souhait, c'est que chacun fasse un pas vers l'autre et que le calme revienne. Ils sont dans un rapport de forces. Ce n'est pas un combat de muscles, la politique.

Ségolène Royal

à franceinfo

"Tout est tellement mal engagé, c’est une question de bon sens, il faut aujourd’hui retirer cette réforme et reprendre le travail dans de bonnes conditions avec un fonctionnement démocratique correct", a-t-elle insisté.

Ni "urgence", ni "besoin d'une telle violence"

D'autant qu'il n'y avait, selon elle, "ni urgence, ni besoin d’une telle violence" car "le déficit de sept milliards d’euros n’est prévu qu’en 2025". "On va semer ce bazar dans le pays pour une projection de déficit de 7 milliards en 2025, ce qui reste d’ailleurs à vérifier, parce qu’il suffit que le chômage diminue, notamment le chômage des séniors, pour que le régime revienne à l’équilibre", a argumenté l'ancienne ministre.

Alors que la grève se poursuit à la SNCF et dans les transports en commun, Ségolène Royal a tenu à rendre "hommage" au "courage" des Français. "Parce qu’entre les bêtises qu’ils entendent, le chantage qu’ils entendent, le gouvernement par la peur qu’ils entendent..."

Le gouvernement, aujourd’hui, essaie de faire peur aux gens en leur disant : vous n’avez pas le choix !

Ségolène Royal

à franceinfo

Selon elle, "quatre hommes décident tous seuls", "le président de la République, le Premier ministre, le ministre de l'Economie et le ministre du Budget", ce qui pose, selon elle, des questions "démocratiques". "Et les Français qui veulent partir en vacances attendent devant leur poste de télévision pour savoir quel sera leur bon vouloir, qu’est-ce que Jupiter va nous dire pour que le calme revienne et que les gens puissent partir en vacances pour Noël. Sur le plan du fonctionnement démocratique d’un pays, c’est extravagant", a dénoncé Ségolène Royal.

L'ancienne ministre a par ailleurs estimé que "les femmes" n'avaient "aucune raison de faire confiance à ce gouvernement". "Le départ à la retraite, qu'ils veulent reculer, va une fois de plus pénaliser les femmes".

Ségolène Royal, sur franceinfo, jeudi 19 décembre.
Ségolène Royal, sur franceinfo, jeudi 19 décembre. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)