Retraites : les pistes de la réforme qu'Emmanuel Macron veut relancer rapidement

Le chef de l'État a confirmé lundi son souhait de voir les premières mesures entrer en vigueur l'été prochain. Quelles sont les changements envisagés ? Quelle stratégie face à l'opposition des syndicats ? franceinfo détaille les ambitions de l'exécutif.

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Radio France
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Emmanuel Macron à l'Elysée, le 1er septembre 2022. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

Emmanuel Macron veut aller vite sur la réforme des retraites, quoiqu'il en coûte politiquement. Le chef de l'État a fait part de sa détermination lundi 12 septembre lors d'une rencontre avec une centaine de journalistes de la presse présidentielle. Il confirme l'objectif d'une entrée en vigueur dès l'été 2023. Le président n'exclut pas une mesure concernant l'âge de départ dès cet automne dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale. À quels changements faut-il s'attendre ?

>> Retraites : Emmanuel Macron veut relancer sa réforme, quitte à passer en force au Parlement

Aujourd'hui, il faut remplir deux conditions pour partir à la retraite et avoir une pension à taux plein. D'abord, avoir l'âge légal de départ : 62 ans. Ou à partir de 60 ans en cas de carrière longue ou pénible. Ensuite, il faut avoir cotisé un certain nombre de trimestres, fixé selon l'année de naissance. Dans le cadre de la réforme, l'exécutif envisage de jouer sur l'un ou l'autre curseur. Voire les deux en même temps.

La possibilité de jouer sur l'âge et la durée

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait évoqué un report progressif de l'âge légal à 64 ou 65 ans. C'est toujours sur la table, a dit le président lundi, tout en reconnaissant que cela pénalise certaines catégories, par exemple ceux qui ont commencé à travailler tôt.

L'autre façon de faire, dit Emmanuel Macron, c'est de toucher à la durée de cotisation, sachant qu'elle est déjà en train d'augmenter dans le cadre de la réforme de l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine. Depuis son adoption en janvier 2014, la durée de cotisation est relevée d'un trimestre tous les trois ans. À terme, la génération née en 1973 devra avoir cotisé 43 ans. Ce qui pénalise les carrières à trous.

Un mix entre report de l'âge légal et hausse de la durée de cotisation n'est donc pas écarté. Les modalités et le rythme de mise en œuvre seront tranchés par le président et la Première ministre, a précisé lundi le ministre du Travail, Olivier Dussopt. Après discussion avec les partenaires sociaux. 

Une justification budgétaire... et politique

Pour justifiier la nécessité de cette réforme, le gouvernement met en avant la question de l'équilibre financier du système de retraite. Le nouveau rapport du conseil d'orientation des retraites (COR), que franceinfo a pu consulter, va donner du grain à moudre au gouvernement. Il montre que le système des retraites est revenu dans le vert depuis l'an dernier, grâce à la croissance économique. Mais il prédit le retour des déficits dès l'an prochain, et jusqu'au milieu des années 2030, dans le meilleur des scénarios.

Mais au-delà de l'aspect purement budgétaire, la réforme des retraites est aussi un choix politique. Faire travailler les Français plus longtemps, dit le président, c'est dégager des moyens pour financer d'autres grands chantiers. La santé, l'éducation, la dépendance, la transition écologique... Tout en remboursant la dette et sans augmenter les impôts.

Reste à Emmanuel Macron la lourde tâche de convaincre les syndicats qui promettent déjà manifestations et grèves dès cet automne si le gouvernement décidait de passer en force. Pour le chef de l'État, l'usage du 49.3 – l'adoption de la réforme sans vote du Parlement mais avec un risque de voir la majorité censurée – n'est pas un tabou.

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