Retraite des enseignants : les ministres passent leur grand oral

Depuis le discours du Premier ministre Édouard Philippe, la défiance est de mise envers le gouvernement. De la part des syndicats et des Français.

Les syndicats et les Français sont en colère, au neuvième jour d'une mobilisation contre la réforme des retraites. La défiance est totale désormais, explique Michel Noblecourt, journaliste politique et éditorialiste au Monde. "Cette réforme intervient dans un climat très difficile, il y a un malaise social en France, alimenté par la crise des 'gilets jaunes', qui perdure. Il y a des colères sociales qui ne sont pas forcément liées à la reforme, mais qui existent dans un certain nombre de catégories. Il y a aussi une défiance vis-à-vis de la parole politique. On ne croit plus à la parole politique", explique le spécialiste politique.

"Une erreur politique"

"C'est très symptomatique quand Jean-Michel Blanquer dit que ça serait inscrit dans la loi qu'il n'y aurait pas de baisse des pensions pour les enseignants. Une sorte de règle d'or de sanctuarisation des pensions. Et ça ne passe pas, les enseignants n'y croient pas", ajoute-t-il. Que penser du calendrier ? "Le gouvernement ne sait plus très bien où il est et comment procéder. On a assisté à un discours du Premier ministre où il a fait un certain nombre de concessions et il a refusé d'entendre en même temps ce que demandait la CFDT, un syndicat qui accompagnait la réforme. Il a pris un risque énorme, et à mon avis c'est une grosse erreur politique", avoue Michel Noblecourt.

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Jean-Paul Delevoye, le 30 septembre 2019, à Paris. 
Jean-Paul Delevoye, le 30 septembre 2019, à Paris.  (ERIC FEFERBERG / AFP)