Réforme des retraites : trois questions autour de la retraite minimale à 1 000 euros

Le Premier ministre s'est engagé à revaloriser et étendre ce dispositif qui existe depuis 2003.

Une femme entre dans une agence assurance-retraite d\'Armentières, dans le nord de la France, le 15 février 2019.
Une femme entre dans une agence assurance-retraite d'Armentières, dans le nord de la France, le 15 février 2019. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

C'est un chiffre rond qui soulève des interrogations. Mercredi 11 décembre, le Premier ministre, Edouard Philippe, s'est engagé à revaloriser la retraite minimale à hauteur de 1 000 euros dès 2022, en dévoilant les grandes lignes de la réforme des retraites qui sera présentée en février 2020 à l'Assemblée nationale. En quoi consiste ce dispositif ? Qui concernera-t-il ? Quel sera son montant et comment sera-t-il revalorisé ? Franceinfo répond à ces trois questions. 

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En quoi ça consiste ?

Ce dispositif (à ne pas confondre avec l'allocation de solidarité aux personnes âgées ou minimum vieillesse, qui s'élèvera à 903 euros au 1er janvier 2020) existe en réalité depuis 2003. Le minimum contributif – c'est son nom – permet d'améliorer les toutes petites pensions en les complétant, jusqu'à un certain montant. Il est destiné aux salariés qui ont eu une carrière complète, mais ont cotisé sur de faibles montants de rémunération. 

L'assuré peut bénéficier de ce minimum contributif soit s'il a le nombre de trimestres requis pour sa retraite à taux plein, soit s'il a l'âge du taux plein automatique (fixé à 67 ans pour les générations nées à partir de 1955). Aujourd'hui, plus de 4,8 millions de retraités touchent le minimum contributif, fixé à 980 euros par mois, explique France 2

Qui seront les bénéficiaires ?

Dans son rapport rendu en juillet 2019, le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, expliquait que ce dispositif "unique de minimum retraite" serait intégré dans le système universel par points. Cette retraite minimale profitera "aux personnes ayant connu des périodes d'activité à temps partiel, situation qui touche particulièrement les femmes, ainsi que ceux ayant régulièrement travaillé sous le Smic annuel, comme les salariés en situation de précarité (contrats courts, intérimaires), les artisans-commerçants ou les agriculteurs".

Edouard Philippe, lui, a cité quelques chiffres pour justifier la nécessité d'établir ce montant unique. "Avec ce complément, une personne ayant cotisé toute sa vie juste au niveau permettant de valider l'ensemble de ses trimestres a actuellement une pension de l'ordre de 815 euros net par mois si elle a été salariée, de 730 euros si elle a été commerçante, de 890 euros si elle a été exploitant agricole. C'est moins que le minimum vieillesse, revalorisé à 900 euros par mois en janvier 2020", a-t-il détaillé.

Quel en sera le montant ?

L'engagement du gouvernement est de monter cette retraite minimale à 1 000 euros en 2022, année de la prochaine présidentielle. "Une personne ayant fait toute sa carrière au Smic percevra 1 000 euros net de retraite en 2022, puis 85% du Smic en 2025", a précisé Edouard Philippe. "Ce minimum de retraite bénéficiera dans le futur système notamment aux exploitants agricoles, aux artisans et aux commerçants", a-t-il souligné.

Avec 85% du Smic, la future retraite minimale "tiendra la promesse qui a été faite lors de la loi de 2003 et qui n'a pas été suivie d'effets", souligne le rapport Delevoye. Comme le relève Libération, la loi de 2003 sur la réforme des retraites prévoyait déjà que "la nation se fixe pour objectif d'assurer en 2008 à un salarié ayant travaillé à temps complet et disposant de la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier du taux plein un montant total de pension lors de la liquidation au moins égal à 85%" du Smic. L'objectif, qui n'était pas contraignant, n'a pas été tenu.

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