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Réforme des retraites : plusieurs stratégies pour mettre "la France à l'arrêt" élaborées par les syndicats avant le 7 mars

Les syndicats appellent à "mettre le pays à l'arrêt" dès le 7 mars, et la fin des vacances d'hiver pour toutes les zones. Derrière cette annonce, des stratégies sont en train d'être mises en place par la CGT et la CFDT.
Article rédigé par Grégoire Lecalot
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Les syndicats se préparent à mettre le pays à l'arrêt dès le 7 mars prochain. (LOU BENOIST / AFP)

L'expression est forte, mais reste floue : que signifie précisément "mettre la France à l'arrêt", dès le 7 mars, contre la réforme des retraites ? Dans son communiqué, l'intersyndicale a soigneusement évité de parler de "grève reconductible", car les modalités d'actions ne sont pas fixées pour cette journée. Sauf que, derrière cette formule choc, il y a des divergences entre les deux principaux syndicats que sont la CGT et la CFDT. 

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Ainsi, la CGT menace d’un durcissement du mouvement. Au programme : des grèves reconductibles appelées par plusieurs fédérations, comme l’énergie et les cheminots, ainsi qu’une intersyndicale à la RATP. Mais à la CFDT, le secrétaire général, Laurent Berger, refuse de prononcer ce terme : il souligne que le communiqué commun ne parle que de la journée du 7 mars. Pour lui, mettre la "France à l’arrêt" signifie plutôt des opérations villes mortes, avec des commerçants qui ferment temporairement le rideau ou des blocages de zones d’activités.

La pression sur les élus de la majorité présidentielle

Sauf que, le 7 mars, c'est loin dans le calendrier. Et l’intersyndicale n’a pas non plus voulu attendre trois semaines sans action. Elle appelle donc aussi à une journée intermédiaire de mobilisation, le 16 février. Mais avec les vacances scolaires, elle ne s’attend pas à une très forte mobilisation.

En coulisses, le "poker menteur" continue. Les syndicats font mine de se tourner vers le gouvernement, lui demandent de "revenir à la raison" et de retirer le projet de loi. Une requête de pure forme, qui n’a aucune chance d’aboutir. La réforme est nécessaire a martelé Olivier Véran, le porte-parole et le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a reconnu que le désaccord sur l’âge de départ était "assez insurmontable".

Devant ce festival de portes fermées, le Parlement semble être le seul espoir d’ouverture. Les syndicats comptent donc interpeller les députés favorables à la réforme jusque dans leurs circonscriptions, pour leur montrer concrètement qu’ils risquent de braquer leurs électeurs. Le but de la manœuvre est de faire douter certains élus afin de grignoter la majorité gouvernementale à l’Assemblée et d'empêcher l’adoption du texte, surtout l’article 7 qui contient la mesure d’âge.

Mais cet article sera-t-il soumis au vote ? Rien n'est moins sûr, car entre les débats houleux sur le tweet de Thomas Portes et les milliers d’amendements déposés par les opposants au texte, l’Assemblée a laborieusement voté l’article 1. Cette fois, c’est donc vers leurs alliés politiques que les syndicats se tournent, Laurent berger souhaite ainsi un débat d'ici peu de temps sur l’article 7, si possible dans la semaine du 13 février 2023.

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