Réforme de l'assurance-chômage : la CGT dénonce une "politique scandaleuse" qui vise à faire des économies "sur le dos des chômeurs"

Après une concertation débutée en octobre, le gouvernement doit dévoiler ses décisions concernant la nouvelle réforme de l'assurance-chômage. Sur France Inter, Denis Gravouil, membre de la direction de la CGT, y voit une politique "scandaleuse", destinée à "diviser les chômeurs entre eux".

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Radio France
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Denis Gravouil, à Paris, le 12 décembre 2017. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le gouvernement reçoit les partenaires sociaux lundi 21 novembre dans la matinée pour leur dévoiler ses décisions concernant la nouvelle réforme de l'assurance-chômage. Le ministre du Travail, Olivier Dussopt fera connaître "les arbitrages retenus", après une concertation débutée en octobre. Denis Gravouil, membre de la direction de la CGT, invité lundi sur France Inter, dénonce une "politique scandaleuse" qui vise à faire "une grosse économie sur le dos des chômeurs".

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Selon lui, l'exécutif prévoit de faire varier la durée d'indemnisation en fonction du taux de chômage, avec une durée en hausse en "période rouge", quand le taux de chômage est élevé, et une durée en baisse en "période verte", quand le taux de chômage est en baisse comme c'est le cas actuellement. Avec la nouvelle réforme, en période verte, "quelqu'un qui a deux ans de droits, parce qu'il a été licencié après un CDI, aura 18 mois de droits au lieu de 24 mois", explique le délégué syndical. Denis Gravouil se dit "sceptique" sur la capacité du gouvernement à passer du vert au rouge, et à augmenter la durée d'indemnisation.

Une façon de "diviser les chômeurs entre eux"

"Tous les syndicats sont opposés à cette nouvelle réforme, moins d'un an après la précédente, qui était déjà une baisse de droits considérable", poursuit-il. Il fustige par ailleurs le fait d'avoir introduit des exceptions pour certains corps de métiers, comme les pêcheurs, ou les intermittents du spectacle. "Apparemment ils ne seront pas touchés, c'est une façon de faire de la fine politique", ajoute Denis Gravouil, pour qui le gouvernement ne cible pas les secteurs au fort potentiel de mobilisation sociale. "C'est une façon de diviser les chômeurs entre eux", dénonce-t-il.

Pour l'instant, "le gouvernement n'a pas prévu de faire une exception pour les seniors", les plus de 55 ans qui ont une durée d'allocation chômage plus importante de 50%.

"Pour les plus de 55 ans, s'il n'y a pas d'exception, c'est encore pire, la fin de droits va s'approcher non pas de six mois mais de neuf mois."

Denis Gravouil

sur France Inter

Le délégué syndical est "opposé au principe" de cette réforme qui risque de "changer la nature de l'assurance-chômage". "On est en train de se servir de l'assurance-chômage pour obliger le plein emploi, obliger des chômeurs à prendre des boulots extrêmement dégradés, mais derrière c'est le plein emploi précaire", résume Denis Gravouil. Selon lui, ça ne résoudra pas les difficultés de recrutements de certains secteurs liées au niveau de salaire et aux conditions de travail. "L'assurance-chômage est un filet de sécurité, un revenu de remplacement, ce n'est pas une variable d'ajustement pour obliger les salariés à prendre des emplois pourris", conclut-il, tout en plaidant pour davantage de formation et une indemnisation longue.

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