"On nous demande de voter les yeux bandés un chèque en blanc" : les députés de l'opposition critiquent le délai d'examen de la réforme des retraites

Les députés ont jusqu'à début mars maximum pour étudier ce texte, pour lequel plus de 40 000 amendements ont été déposés.

Le ministre de la Santé Olivier Véran lors du débat sur la réforme des retraites, le 17 février 2020.
Le ministre de la Santé Olivier Véran lors du débat sur la réforme des retraites, le 17 février 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"Il n'y a jamais eu de précédent, de débat aussi long sur un texte de cette nature et de ce volume d'articles", affirme mardi 18 février Gilles Le Gendre, le patron des députés de La République en marche (LREM). L'Assemblée nationale reprend mardi soir l'examen de la réforme des retraites. Quinze jours de débats sont prévus, mais plus de 40 000 amendements ont été déposés. Les délais seront-ils tenus ? Et si ce n'est pas le cas, le gouvernement fera-t-il usage du 49.3 ? C'est le débat qui agite le palais Bourbon.

"Je rappelle que quand une majorité précédente a voulu modifier l'âge légal de la retraite, ça a été fait en procédure accélérée, quelques jours en commission, quelques jours dans l'hémicycle, terminé", ajoute Gilles Le Gendre. Pour lui, quinze jours de débat, éventuellement une semaine de plus, sont bien suffisants pour passer en revue la soixantaine d'articles que comprend le projet de loi.

Nous n'avons qu'un objectif à l'heure où je vous parle : que le débat sur les retraites puisse avoir lieu.Gilles Le Gendre, député LREMà franceinfo

Le chef de file des députés marcheurs écarte donc la perspective d'un 49.3, qui signifie une adoption sans vote. "L'envisager, en parler, spéculer, c'est rentrer exactement dans la logique dans laquelle essaient de nous entraîner nos oppositions et dans laquelle précisément je ne veux pas que nous rentrions", estime Gilles Le Gendre.

Une opposition remontée

Ces propos ne sont qu'hypocrisie, répond le socialiste Olivier Faure : "Ils font semblant ! Ils vont nous dire que pendant plusieurs semaines, on a eu le débat. Mais la réalité, c'est qu'ils ne répondent à aucune des questions qui sont posées. La réalité, c'est qu'on demande aux parlementaires de voter les yeux bandés un chèque en blanc à un gouvernement qui en la matière, les retraites, a quand même fait le pire depuis le début."

C'est un texte à trous, un texte gruyère, où il y a plus de trous que de matière.Olivier Faure, député PSà franceinfo

La députée Les Républicains Valérie Boyer est tout aussi cinglante : "Il n'y a pas de crise des 40 000 amendements, il y a la crise du gouvernement, qui se moque de la représentation nationale, en présentant un texte dans des délais qui ne sont pas respectueux du débat parlementaire. S'il utilise le 49.3 pour faire passer la réforme majeure de son quinquennat, ça veut dire qu'il n'a plus de majorité non plus." Que la loi ait été votée ou pas, l'Assemblée suspendra ses travaux après la première semaine de mars, pour cause d'élections municipales.

Les députés de l'opposition estiment que le délai d'examen n'est pas respectueux du débat parlementaire.
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