Manifestation contre la réforme des retraites : un parcours à risque ?

Pour la 7e manifestation parisienne contre la réforme à points, le défilé arrivera sur la place de la Concorde, un lieu inhabituel pour ce genre de rassemblement

La manifestation contre la réforme des retraites à Paris le 22 janvier 2020.
La manifestation contre la réforme des retraites à Paris le 22 janvier 2020. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Alors que la manifestation est partie vendredi à 11 heures de la place de la République à Paris, contre la réforme des retraites, son trajet est inédit. Si la célèbre place est régulièrement investie pour les grands mouvements sociaux, la suite du trajet est plus rare. Les manifestants emprunteront le boulevard Saint-Martin, puis le boulevard Sébastopol pour converger vers la place du Châtelet, tout prêt du quartier des Halles et de ses innombrables commerces.

Ensuite, le défilé rejoindra les quais de Seine où les manifestations à caractère social sont très inhabituelles, pour arriver finalement place de la Concorde, lieu encore plus rare pour ce type de rassemblement. La dispersion est prévue à 19 heures.

Commerces et lieux de pouvoirs

La première partie de la manifestation traverse des lieux très commerçants, entre la place de la République et surtout Chatelet-Les Halles, quartier central de Paris où la population a ses habitudes pour faire ses courses, surtout en période de soldes. Place de la Concorde, c’est la proximité de lieux de pouvoir qui est frappante avec l’Assemble nationale juste de l’autre côté de la Seine et le Palais de l’Elysée à quelques centaines  de mètres. Pendant l’automne 2018, les "gilets jaunes" s’étaient nettement rapprochés du quartier de la présidence de la République et les images des affrontements avec les forces de l’ordre avaient frappé l’opinion.

Enfin, à quelques centaines de mètres de la Concorde trônent les commerces de luxe de l’avenue des Champs Elysées, où les "gilets jaunes" manifestaient également il y a environ un an.

Avertissement et précautions

La préfecture de Paris a donné son aval à la demande de manifestation et à son tracé inédit, mais dans un communiqué publié jeudi, elle souligne de manière inhabituelle que "le choix des lieux est celui des organisateurs de la manifestation et relève de leur seule responsabilité". A la fin du communiqué, le préfet de Police en appelle "à la responsabilité de chacun afin que cet exercice du droit de manifester se déroule dans le respect de L’État de droit, de la sécurité des personnes et des biens".

Un arrêté a été pris par la préfecture de Police pour interdire un vaste périmètre à des manifestants se revendiquant des "gilets jaunes". Ce secteur englobe tous les Champs Elysées, ainsi que les voies perpendiculaires sur 100 mètres. Cela comprend la présidence de la République et le ministère de l’Intérieur, ainsi que dans les secteurs de l’Assemblée nationale, des jardins des Tuileries et du Carrousel, de l’Opéra et du ministère de la Justice, du Trocadéro et du Champ de Mars, du Sénat, de l’hôtel Matignon, de la cathédrale Notre Dame de Paris et de la préfecture de Police, du forum des Halles, de la gare Saint-Lazare et des grands magasins. Entre 5 000 et 6 000 policiers sont mobilisés pour le maintien de l’ordre.

Enfin, certaines stations de métro et gares ont été fermées à partir de midi en raison de la manifestation. Il s’agit de Champs-Elysées-Clemenceau (lignes 1 et 13), Franklin D. Roosevelt et George V (ligne 1), Charles de Gaulle-Etoile (RER A et lignes 1, 2 et 6) et Argentine (ligne 1).