"Je ne comprends pas ces manifestations de violence gratuite" : Roxana Maracineanu réagit après avoir été pris à partie par des fans du Red Star

La ministre des Sports a réagi sur franceinfo samedi. 

Roxana Maracineanu le 20 novembre 2019. 
Roxana Maracineanu le 20 novembre 2019.  (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Je suis en colère", a réagi sur franceinfo Roxana Maracineanu samedi 14 décembre après avoir été prise à partie par des supporters du Red Star vendredi soir. "Je pense que personne n’a le monopole du social, a poursuivi la ministre des Sport, et surtout pas ces quelques supporters qui prennent le football en otage". Roxana Maracineanu annonce toutefois qu'elle ne portera plainte pour ne "pas casser le travail qui est en cours" avec les supporters.

franceinfo : Que s'est-il passé vendredi soir au stade Bauer ?

Roxana Maracineanu : Je suis allé voir le Red Star jouer puisqu'ils sont à quelques points de se qualifier en Ligue 2, et je sais que pour ce club, c'est important d'y accéder parce que ça ferait aboutir le projet de réfection de l'équipement qui traîne un peu depuis des années. Donc, j'en ai profité pour venir dans ces tribunes, suivre un match de National, avec des amis. J'ai passé la première mi-temps à discuter avec le maire de Saint-Ouen et avec Patrice Haddad, le président du club. A la mi-temps, je suis descendue boire un coup avec mes amis et à ce moment-là, j'ai été reconnue et interpellée par des personnes qui étaient là, des supporters, des spectateurs du match avec qui j'ai échangé sur mes prises de position, sur les supporters et sur d'autres sujets. Certains sont venus me dire : "Nous sommes en grève depuis quelques jours et voilà ce que nous voulons faire passer comme message". Autour de ces personnes s'est agrégée une autre dizaine de personnes qui, à ma grande surprise, avaient des foulards sur le visage. Et ils ont commencé à scander des cris qu'on peut entendre dans les manifestations. Et ils sont devenus intimidants.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ? 

Je suis en colère parce que je pense que personne n'a le monopole du social, et surtout pas ces quelques supporters qui prennent le football en otage. Moi qui viens de la société civile, moi qui suis ancienne sportive, aujourd'hui ministre des Sports, entendre "T'as rien à faire ici, on est chez nous !", non ! Je vais voir des manifestations sportives en tant que citoyenne et en tant que ministre où je veux. Et ce type de manifestations qui m'obligent à quitter un stade ne sont pas acceptables à mes yeux.

Allez-vous porter plainte ?

Non, je ne vais pas porter plainte parce que cela concernait une poignée de personnes. Je n'ai pas envie de stigmatiser ce public qui était là et qui est juste extraordinaire au moment des matchs. J'ai fait, avec M. Castaner et M. Nuñez, le travail qui était demandé par les supporters depuis un moment pour que les supporters puissent à nouveau se déplacer. Je n'ai pas envie de casser le travail qui est en cours aujourd'hui, qui sert une majorité de personnes dans le milieu du football.

Ces supporters ont scandé des slogans anti-gouvernement, certains vous ont expliqué qu'ils étaient en grève... Est-ce que cela montre que la situation est tendue en France, et particulièrement autour de la réforme des retraites ?

Oui, bien sûr, je le conçois tout à fait. Je respecte la colère de ces personnes qui étaient là. Maintenant, lorsque ça va jusqu'à des intimidations physiques sur moi qui suis une femme, qui mesure 1m65, et qu'ils sont quinze autour de moi, attroupés, ce n'est pas admissible. S'ils ont envie de parler, je suis là à visage découvert, je suis au milieu de la foule, je suis là dans la discussion et le dialogue. On est dans une démocratie. Donc je ne comprends pas ces manifestations de violence gratuite.