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Fitch baisse la note de la France : "Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement", "à contre-courant" de ses attentes, estime un économiste

L'agence de notation Fitch a abaissé vendredi soir la note financière de la France, notamment à cause des fortes tensions sociales autour de la réforme des retraites. Bruno Le Maire a réagi en rappelant la volonté du gouvernement "d'accélérer la transformation du modèle économique français".
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Capture d'écran du site internet de l'agence Fitch. Photo d'illustration (JOEL SAGET / AFP)

La dégradation de la note de la France à "AA-" par l’agence Fitch est "une mauvaise nouvelle pour le gouvernement français" et va "à contre-courant" de ses attentes, estime Mathieu Plane, samedi 29 avril sur franceinfo. Selon l’économiste et directeur adjoint du département analyse et prévisions de l'OFCE, l’exécutif espérait au contraire "montrer aux marchés et à l'ensemble des investisseurs qu'il avait une crédibilité à maîtriser les équilibres budgétaires à long terme", notamment grâce à la réforme des retraites.


franceinfo : Cette baisse de notation est-elle une surprise ? 

Mathieu Plane : Elle va à contre-courant de ce que le gouvernement pouvait attendre par rapport aux mesures qui ont été prises. Notamment dans la présentation de ce qu’on appelle le programme de stabilité, avec une volonté assez nette et affichée de ramener le déficit public en-dessous des 3 %. Ce programme faisait d’ailleurs suite à la réforme des retraites, qui était vue comme une réforme budgétaire avant tout. Le gouvernement a mis en place la réforme des retraites justement pour montrer aux marchés et à l'ensemble des investisseurs qu'il avait une crédibilité à maîtriser les équilibres budgétaires à long terme. 

"On voit cette dégradation de la note parce que ces tensions sociales posent beaucoup de problèmes pour la suite, à la fois pour les réformes et pour le climat économique global."

Mathieu Plane, OFCE

à franceinfo

Cette prise en compte des mouvements sociaux est-elle habituelle pour une agence de notation économique ?

C’est vrai que la prise en compte du climat social est quelque chose d'assez nouveau. C’est une situation très particulière et finalement, Fitch a donné une prime négative aux tensions sociales. Et on voit bien que cette gestion liée à la crise sociale pose énormément de problèmes pour mener une politique économique qui vise notamment à réajuster les déficits publics.

Cette dégradation de la note peut-elle handicaper la France ?

Sur le court terme, je ne crois pas que ça change grand-chose. Heureusement, les agences de notation ne font pas non plus la pluie et le beau temps en permanence. Par contre, elles donnent une évaluation 
sur l'avenir. S'il y a une forme de perte de crédibilité de la France sur la capacité à rembourser sa dette, elle peut être amenée à emprunter plus cher sur les marchés et donc la charge d'intérêts que paierait l'État français serait plus élevée. Cela grèverait les finances publiques ou les marges de manœuvre budgétaires. Or on est dans une phase où les taux d'intérêt remontent partout dans le monde. Donc si ces taux remontaient en France plus qu'ailleurs, cela coûterait plus cher et serait très embêtant. Mais on n'est pas encore dans cette situation. Par contre, c'est une mauvaise orientation, et c'est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement français et globalement, pour la France.

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