"C'est la garantie de ne pas galérer" : Marie, infirmière à Paris, dort à l’hôpital pour éviter la grève dans les transports

Cette mère de famille, qui vit dans l'Essonne, a déjà passé trois nuits sur son lieu de travail depuis le début du mouvement. 

Du personnel hospitalier dans la cour d\'un hôpital parisien. (Illustration). 
Du personnel hospitalier dans la cour d'un hôpital parisien. (Illustration).  (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Alors que la grève à la RATP et à la SNCF se poursuit contre la réforme des retraites, certains hôpitaux de Paris proposent à leurs personnels des solutions d'hébergement. Des lits de camps, des fauteuils ou des lits dans des chambres inoccupées sont mis à disposition des infirmières ou encore des aides-soignantes. Objectif : éviter la galère dans les transports. 

Plus de quatre heures de trajet 

Marie est infirmière et travaille de nuit. En pleine grève, ce n'est pas évident confie-t-elle : "Les premiers jours, j'étais vraiment effrayée. J'ai vu des bousculades, des gens agressifs, je me suis dit 'ce n'est pas possible'", raconte l'infirmière qui vit dans l'Essonne. "Je suis partie de chez moi à 17 heures et je suis arrivée à 21h40. J'ai mis plus de quatre heures et demie pour venir". Pour éviter de mettre autant de temps pour rentrer chez elle, la quadragénaire dort désormais sur son lieu de travail à Paris. 

On est plusieurs collègues à dormir ici. On dort dans une aile ouverte au personnel. Ce sont des chambres de patients. C'est un excellent compromis.Marieà franceinfo

Cependant, dormir à l'hôpital perturbe la vie de famille. "J'ai des enfants qui sont grands. S'ils avaient été en bas-âge, ça n'aurait pas été possible. La majorité de ceux qui dorment ici ont des enfants grands", confie Marie.  

Depuis le début de la grève, la mère de famille a dormi trois fois à l'hôpital après son travail de nuit. Marie s'en accommode : "J'ai mieux dormi ici, rigole-t-elle, parce qu'on n'a pas de stress. On sait qu'on peut se laver et manger. Il y a la garantie qu'on ne galèrera pas". Pour éviter trop de difficultés à son personnel, l'hôpital parisien dans lequel travaille l'infirmière incite aussi le covoiturage et indemnise les employés qui proposent des trajets. Marie apprécie ces différentes mesures, mais la mère de famille aimerait surtout que la grève se termine. 

Marie, infirmière à Paris, dort à l’hôpital pour éviter la grève dans les transports - Le reportage de Justine Leclercq
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