Ayrault rencontre des ouvriers de nuit pour parler retraites et pénibilité

Ce déplacement intervient alors que le gouvernement doit rendre ses derniers arbitrages sur le projet de réforme des retraites, qui doit être présenté en Conseil des ministres le 18 septembre.

Jean-Marc Ayrault (à droite) salue un ouvrier qui travaille sur le chantier d\'un tramway, mardi 13 août 2013 à Vélizy-Villacoublay (Yvelines).
Jean-Marc Ayrault (à droite) salue un ouvrier qui travaille sur le chantier d'un tramway, mardi 13 août 2013 à Vélizy-Villacoublay (Yvelines). (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Après avoir reçu des enfants privés de vacances à Matignon, Jean-Marc Ayrault s'est rendu tôt dans la matinée du mardi 13 août sur un chantier du futur tramway T6 Châtillon-Viroflay, à Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Deux objectifs à cette visite : amorcer le dossier brûlant de la réforme des retraites et aborder les thèmes de la prévention et de la prise en compte de la pénibilité au travail. Francetv info vous explique pourquoi.

Pourquoi Ayrault choisit de parler des retraites ?

Ce déplacement intervient alors que le gouvernement doit rendre ses derniers arbitrages sur le projet de réforme des retraites, qui doit être présenté en Conseil des ministres le 18 septembre. Le Premier ministre, accompagné des ministres Marisol Touraine (Affaires sociales) et Michel Sapin (Travail), a rencontré les ouvriers travaillant de nuit au percement d'un tunnel pour ce futur tramway. Il a aussi visité le chantier et s'est entretenu avec l'équipe arrivant pour la relève de 6 heures.

Alors que le gouvernement doit trouver 7 milliards d'euros pour pérenniser le système de retraite d'ici à 2020, Les Echos ont fait état lundi de la piste d'un relèvement de la contribution sociale généralisée (CSG), de 0,2 à 0,5 point. Début août, Marisol Touraine avait répété, sans précisions, que le gouvernement allongerait la durée de cotisation mais ne toucherait pas à l'âge légal. Quant à la CSG, la ministre en charge du dossier des retraites avait fait valoir qu'elle était une "option qui a assurément une forte cohérence", car "elle permet de financer les régimes sociaux de façon très claire, très identifiée". Mais elle avait pris soin de parler "d'autres pistes envisageables".

Quelle mesure sur la pénibilité ?

Dans le cadre de cette réforme, le gouvernement prévoit aussi de faire un geste en faveur des salariés exerçant des métiers pénibles. Ceux-ci peuvent être liés à des contraintes physiques (manutention de charges, postures pénibles), à un rythme de travail fatiguant (travail de nuit, travail répétitif) ou à un environnement agressif (bruit, agents chimiques). 

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Certains syndicats comme la CFDT en font une priorité. L'idée d'un "compte-temps", qui permettrait à ces salariés de se reconvertir ou de partir plus tôt en retraite, comme le suggère le rapport Moreau remis en juin, fait son chemin. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé début août que ce dispositif serait mis en place, tout en précisant qu'aucune décision n'était arrêtée.

Comment fonctionne le "compte-temps" ?

Concrètement, les salariés bénéficieraient d'un certain nombre de points en fonction de leur temps passé en situation de pénibilité. Ces points leur permettraient ensuite soit d'obtenir des trimestres pour partir plus tôt en retraite, soit d'effectuer une formation pour se réorienter, soit enfin de travailler à temps partiel en fin de carrière. Par exemple, 10 trimestres d'exposition à des facteurs de pénibilité déclencheraient le droit à un trimestre de congé formation. Et 30 trimestres d'exposition permettraient le rachat d'un trimestre au titre de la retraite.

Coût d'un tel dispositif : 2,1 milliards d'euros par an, selon le rapport Moreau, qui suggère un financement "mutualisé". Les entreprises seront-elles mises à contribution alors que leurs représentants, à l'image du Medef, sont vent debout contre toute nouvelle charge en période de crise ? Ce "compte-temps" pourrait entrer en vigueur en même temps que la réforme des retraites et s'appliquerait aux salariés arrivant sur le marché du travail.