Pouvoir d'achat : le président de la CPME demande l'étalement de la "prime Macron" et l'exonération des charges patronales sur les heures supplémentaires

François Asselin participe lundi à Bercy à une réunion entre le ministre de l'Économie et le patronat. Ce week-end, Bruno Le Maire a demandé aux patrons de faire un geste pour augmenter le pouvoir d'achat. "Il n'y aura pas de hausse de salaire uniforme", prévient le président de la CPME.

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François Asselin, président de la CPME, le 6 juillet 2021. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Bruno le Maire veut mettre les patrons à contribution pour le projet de loi sur le pouvoir d’achat. Il reçoit lundi 23 mai à Bercy les représentants du patronat dont François Asselin, président de la CPME, la Confédération des petites et moyennes entreprises. Ce week-end le ministre de l'Économie et des finances leur a demandé de faire un geste. "Il n'y aura pas de hausse de salaire uniforme", affirme sur franceinfo François Asselin. Pour améliorer le pouvoir d'achat des salariés il propose de pouvoir étaler le versement de la "prime Macron" mais aussi l'exonération des charges patronales sur les heures supplémentaires.

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franceinfo : Que répondez-vous à Bruno Le Maire ?

François Asselin : Depuis deux ans, il y a une forte demande de compétences dans les entreprises. On a toujours beaucoup de mal à les trouver donc beaucoup d'entreprises ont fait des augmentations individuelles, d'une part, pour garder leurs compétences, leurs effectifs, pour éviter qu'elles ne partent à la concurrence, et d'autre part, vous ne recrutez absolument plus sur les mêmes bases qu'il y a un ou deux ans. Vous augmentez les salaires pour pouvoir attirer des talents dans vos entreprises. Maintenant on subit cette inflation et les entreprises, comme leurs salariés, ont la même pression, nous voyons flamber nos prix d'approvisionnement de matières premières, l'énergie en premier. Et lorsqu'on ne peut pas répercuter sur les prix de vente, c'est compliqué.

Donc il n'y aura pas de hausse de salaire dans les PME ?

Il n'y aura pas de hausse de salaire uniforme, il y a 1 900 000 entreprises qui ont au moins un salarié dans notre pays. C'est à peu près 20 millions d'actifs. Vous aurez autant de situations que d'entreprises différentes. Lorsque vous êtes sur un modèle économique florissant et que vous avez de la marge, vous pouvez partager la valeur d'une façon beaucoup plus aisée que lorsque vous êtes sur un marché où vous n'avez quasiment pas de marge.

Avez-vous une idée, de la proportion de ces petites et moyennes entreprises qui aujourd'hui sont en capacité d'augmenter les salaires ?

On peut partir de ce qui s'est passé lorsque la prime Macron ou prime PEPA [prime du pouvoir d’achat] a été mise en place. C'est environ 50% des PME et des TPE qui ont versé cette prime à leurs salariés. C'est à peu près la moitié des effectifs du secteur marchand, 10 millions de salariés. C'est quand même très significatif. Certaines entreprises pourront distribuer une prime importante et malheureusement certaines ne pourront pas.

"Il y a des possibilités, malgré tout, pour pouvoir augmenter le pouvoir d'achat. Beaucoup d'entreprises ont de l'activité, beaucoup d'activité et les heures supplémentaires permettent d'avoir des heures rémunérées avec 25% d'augmentation."

François Asselin, président de la CPME

à franceinfo

Ce que nous aimerions, c'est de pouvoir débloquer le coût pour l'entreprise de ces heures supplémentaires parce que la 36e heure pour l'entreprise, ce sont des charges patronales à +25%. Ce que nous demandons, c'est de baisser le montant de ces charges patronales pour que, d'une part, on puisse rémunérer nos salariés et c'est normal avec 25% de bonus et que l'entreprise ne se retrouve pas décrochée en prix de revient, en coût, parce que, les charges sociales augmentent d'une façon exponentielle. L'autre possibilité, c'est cette fameuse prime PEPA, si on pouvait l'étaler sur plusieurs mois, ça permettrait à des entreprises qui ont la possibilité de verser cette prime, mais qui n'ont pas à l'instant T parfois la trésorerie pour le faire, d'étaler le versement de la prime. Voilà deux solutions qui pourraient aider certaines entreprises à participer à l'augmentation du pouvoir d'achat de leurs salariés.

Va se poser très prochainement la question de l'avenir de la ristourne sur les carburants. Elle pourrait être réservée aux travailleurs qui roulent le plus. Est-ce que c'est une demande que vous faites, vous aussi, pour les PME ?

Oui, parce que vous avez certaines activités, je pense à tout ce qui concerne la mobilité, ou votre outil de travail c'est votre voiture et votre véhicule. Les transporteurs sont particulièrement impactés. Certaines activités font que plus vous roulez, plus vous creusez votre trou, c'est-à-dire que vous vous n'arrivez plus à équilibrer au niveau de l'entreprise recettes et dépenses. Donc, si vous n'avez pas de soutien, vous ne pouvez plus tout simplement faire tourner votre entreprise de manière équilibrée.

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