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Ouverture à la concurrence du ferroviaire : "L'objectif est de diminuer le prix payé par la puissance publique", affirme Thierry Mallet, PDG de Transdev

Le groupe français de transport Transdev compte profiter de l’ouverture à la concurrence du ferroviaire régional. Son PDG Thierry Mallet cite l'exemple de l'Allemage où le coût de 50% par rapport à ce qu’il est en France.

Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min
Thierry Mallet, président-directeur général de Transdev, invité de franceinfo le 10 mars 2021. (FRANCEINFO)

La transition énergétique s’impose d’ores et déjà dans la stratégie des entreprises de transports dont Transdev. Le groupe français emploie plus de 80 000 personnes dans près de 20 pays. Le groupe vient de publier ses résultats 2020. L’activité a été fortement affectée par la pandémie : chiffre d’affaires en baisse de 9 % par rapport 2019 et un déficit de 109 millions d’euros.

franceinfo : Qu’est-ce qui a pesé sur vos activités en 2020 ?

Thierry Mallet : L’impact, c’est surtout la baisse de la fréquentation. Au lieu de transporter onze millions de personnes, on en aura transporté en 2020 six millions, donc une baisse de 46% de la fréquentation, sauf pendant la période de confinement où on avait baissé l’offre en moyenne de 10%.

La crise a-t-elle poussé certains clients à repousser ou annuler des contrats ?

Non, la dynamique commerciale est restée très forte, ainsi que notre stratégie d’investissement. En 2020, nous avons investi 10% de plus que l’année précédente : 720 millions d’euros dans de nouvelles flottes de trains, bus électriques notamment. Le développement a continué.

Face à l’ouverture à la concurrence du ferroviaire régional, par quelles lignes êtes-vous intéressé et seront-elles rentables ?

Les premiers appels d’offre sont sortis dans la région Sud. Deux lignes y sont ouvertes à la concurrence et on s’est positionné sur celle qui relie Marseille à Nice (…). La rentabilité dans l’entreprise n’est pas un concept qu’on utilise puisque, de fait, il y a toujours une partie qui est payée par les voyageurs et une autre par la puissance publique. L'objectif est de diminuer le prix payé par la puissance publique pour que l’autorité locale ait moins à sa charge. En Allemagne, avec l’ouverture à la concurrence, on a réussi à réduire le coût de 50% par rapport à ce qu’il est en France. C’est une organisation du travail qui est différente, extrêmement décentralisée, ce sont des collaborateurs qui sont plus polyvalents, mieux payés. Notre objectif est d’utiliser ce même modèle en France.

Où en êtes-vous de la transition énergétique ?

La transition énergétique est une grande priorité pour nous. Fin 2020, nous exploitions une flotte de 1 200 véhicules électriques et nous venons de gagner un contrat pour 400 bus électriques supplémentaires pour la ville de Bogota, en Colombie. L’hydrogène est pour l’instant à l’étape de pilote. Nous avons une dizaine de véhicules à hydrogène, on va en acquérir une vingtaine supplémentaire. Il y a encore un décalage fort en matière de coûts, mais ça démarre.

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