Crise économique : il faut que "le gouvernement soutienne la demande"

Le journaliste Étienne Lefebvre et l’économiste Christophe Ramaux débattent de l’essoufflement de l’économie post-déconfinement sur franceinfo mardi 8 septembre.

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"La reprise est très fragile. 750 000 emplois ont été détruits entre janvier et août. C’est colossal. La crise est deux fois plus profonde que la crise de 2008. Les entreprises redoutent une baisse de la consommation, de la demande. Or, le gouvernement n’a quasiment rien prévu sur le sujet" dans son plan de relance, estime Christophe Ramaux, membre des Économistes atterrés.

"Le rebond a été plus rapide qu’escompté en juin-juillet, mais ça plafonne parce qu’il y a des secteurs à la normale et d’autres dont l’activité est toujours entre -20 et -30%. C’est très différent des crises précédentes. Il n’y aura pas de réponse macro-économique miracle, ce sera filière par filière", juge Etienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos.

"C'est le moment de taxer les plus aisés"

"Ceux qui ont épargné sont ceux qui en avaient les moyens. On a des gens qui voient leur niveau de vie chuter, deux fois plus qu’en 2008, et le gouvernement ne fait rien", déplore Christophe Ramaux. Et de proposer : "Il faudrait un contrat social, c’est le moment de faire un impôt exceptionnel sur les plus aisés pour redistribuer. Les ménages les plus pauvres consomment davantage français qui plus est".

"Il faut faire des gestes ciblés sur la demande à la fois pour orienter vers la consommation de certains produits et sur les personnes les plus victimes de la crise", renchérit Etienne Lefebvre.



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Christophe Ramaux et Etienne Lefebvre
Christophe Ramaux et Etienne Lefebvre (FRANCEINFO)