1% du plan de relance pour les quartiers défavorisés : l'association des maires "Ville et Banlieue" sera vigilante sur "la méthode"

Thierry Falconnet, président de l’association des maires "Ville et Banlieue", estime avoir été écouté par le gouvernement mais il compte rester vigilant sur "comment les choses vont s'organiser sur le terrain". 

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Radio France
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Thierry Falconnet en train de tracter sur un marché en mars 2017.  (JC TARDIVON / MAXPPP)

Le gouvernement a assuré lundi 23 novembre que 1% des 100 milliards d'euros du plan de relance sera bien destiné aux quartiers défavorisés, en promettant "lisibilité" et "transparence", à l'issue d'une visio-conférence entre des élus et le Premier ministre Jean Castex. "Maintenant c'est la question de la méthode qui se pose", a souligné sur franceinfo Thierry Falconnet, président de l’association des maires "Ville et Banlieue", maire de Chenôve, près de Dijon (Côte-d'Or), qui a participé à cette réunion. "Ce qui ressort de cet échange d'une heure et demie, c'est que nous avons été écoutés, maintenant nous voulons être entendus", a-t-il résumé.

franceinfo : Etes-vous satisfait après cette réunion avec Jean Castex ?

Thierry Falconnet : Le Premier ministre a pris l'engagement de consacrer 1% du plan de relance aux quartiers défavorisés. Maintenant c'est la question de la méthode qui se pose : comment les choses vont s'organiser sur le terrain pour que ces moyens déployés arrivent sur nos territoires. Et puis surtout, nous avons été dans le concret, c'est-à-dire que depuis plusieurs jours, nous travaillons sur des propositions concrètes dans tous les domaines : éducation, emploi, sport, logement, sécurité, santé, rénovation urbaine… Nous avons présenté ces propositions au gouvernement et ce qui ressort de cet échange d'une heure et demie, c'est que nous avons été écoutés, maintenant nous voulons être entendus. Et le Conseil national des solutions que nous allons lancer le 14 décembre à Roubaix devra normalement accompagner cette volonté affichée du gouvernement de mettre en place les moyens nécessaires pour lutter contre les effets de cette crise sanitaire, économique et sociale dans les quartiers populaires.

Les problèmes structurels ne se règlent évidemment pas comme ça en quelques jours, mais s'il y avait une priorité, ce serait laquelle, selon vous ?

Aujourd'hui, tout est prioritaire. C’est-à-dire que toutes les questions que nous avons soulevées, les moyens donnés aux collectivités, le soutien aux associations de solidarité qui procèdent à des distributions alimentaires sur les territoires, la question de l'emploi, de l'insertion, de la mobilisation du droit commun, sont aussi des points importants. On estime à environ 30% des droits qui ne sont pas utilisés par les habitants de nos quartiers. Tout cela est prioritaire pour justement attaquer les problèmes de manière résolue.

Sur le volet éducatif, le gouvernement envisage qu'il n'y ait plus de zonage et de systématisme, mais des contrats d'objectifs à trois ans avec tel ou tel lycée, à tel ou tel endroit... Est-ce une bonne piste ?

Nous, ce que nous disons, c'est que, par exemple, les cités éducatives sont une bonne réponse [le label "Cité éducative" vise à "intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire", selon le ministère de l'Education nationale]. Seulement, il n'y a que 80 cités éducatives sur 1 514 quartiers prioritaires de la politique de la ville. Ce que nous disons, c'est que oui, effectivement, les cités éducatives ont été une bonne mesure, tout comme le dédoublement des classes. Maintenant, il faut multiplier les cités éducatives de manière à ce que les effets positifs de ce dispositif soient ressentis dans beaucoup plus de quartiers.

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