MyFerryLink : la Scop SeaFrance mise en liquidation judiciaire

La Scop SeaFrance, qui exploite la compagnie maritime MyFerryLink, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Cette procédure doit permettre le paiement des 487 salariés. Vendredi les marins ont de nouveau bloqué la rocade portuaire de Calais.

(La Scop SeaFrance, qui exploite la compagnie maritime MyFerryLink, placée en liquidation judiciaire © Maxppp)

"Le tribunal prononce la conversion en liquidation judiciaire (...) sans poursuite d'activité à compter de ce jour. La Scop SeaFrance n'existe plus ", selon la décision du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) rendue vendredi. La Scop SeaFrance, montée par les marins en 2012, exploite la compagnie maritime MyFerryLink. Cette procédure doit permettre le paiement des 487 salariés, la Scop n'ayant pas la trésorerie suffisante pour le faire. Le tribunal de commerce a donc décidé de ne pas suivre la proposition du procureur, qui préconisait une poursuite d'activié de six mois supplémentaires. 

"Il y a trois ans, nous avons essayé de créer la plus grande coopérative de France avec le gouvernement de gauche et, aujourd'hui, c'est lui-même qui nous suicide. Nous avons eu la possibilité de sauver cette entreprise mais personne n'a voulu la sauver ", réagit sur France Info Eric Vercoutre, représentant des salariés de la Scoop SeaFrance. "Les salariés vont être payés dans les jours prochains mais, après, ils vont pouvoir aller au Pôle emploi... ", ajoute-t-il.

"On nous a mis dehors alors qu'on était en train de gagner de l'argent avec un pavillon français" - Éric Vercoutre, représentant des salariés de la Scop SeaFrance
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Les marins bloquent l'accès au port de Calais...

La Scop SeaFrance est au coeur d'un conflit qui dure depuis plusieurs mois, entre ses marins, le propriétaire de ses trois navires, Eurotunnel, et son concurrent danois DFDS, gestionnaire depuis le 1e juillet dernier de deux bateaux propriété d'Eurotunnel. La Scop a été placée en redressement judiciaire le 11 juin dernier. DFDS s'engageait à reprendre 200 marins de la SCOP, Eurotunnel une centaine d'autres. Soit environ 300 sur les 487 salariés.

Depuis ces annonces, les marins de la Scop SeaFrance occupent les deux navires à quai et ont mené plusieurs opérations de blocage du port de Calais ou de l'entrée du tunnel sous la Manche. Vendredi ils ont de nouveau bloqué les accès au port de Calais.

... et demandent un fonds d'aide du gouvernement

Cette situation a poussé le gouvernement à ouvrir des négociations. La semaine dernière, le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, a proposé un plan incluant la création d'une nouvelle Scop qui gérerait un navire avec une reprise de 380 salariés sur les presque 500.

"Le ministre dit qu'à Calais on ne peut sauver que 380 emplois. Le compte n'y est pas. Il le sait. Nous réclamons un fonds d'aide que le gouvernement doit débloquer ", explique Eric Vercoutre, secrétaire général du syndicat maritime Nord. Les marins souhaitent récupérer grâce à ce fonds l'argent qu'ils ont investi dans la Scop en 2012. Une nouvelle assemblée générale des marins doit avoir lieu "mardi ou mercredi ". "L'Etat doit maintenant nous aider de façon concrète. On promet une activité très perturbée le temps que l'on soit entendus ", a-t-il ajouté.

Désormais, les marins s'interrogent sur leur avenir, Marie Mutricy de France Bleu Nord
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