Revenu universel d’activité : "Il ne faut surtout pas que ce soit un nivellement par le bas", prévient le collectif Alerte

La concertation sur la fusion des minimas sociaux, c'est aussi "l'occasion de poser la question du montant des revenus", a rappelé Christophe Devys, président du collectif de lutte contre la pauvreté Alerte.

(JEAN-FRAN?OIS FREY / MAXPPP)

La grande concertation autour du revenu universel d'activité débute lundi 3 juin au ministère de la Santé. Cette réforme, voulue par Emmanuel Macron, doit être mise en place avant fin 2020. Le revenu universel d’activité, qui n’a rien avoir avec le "revenu universel" proposé par Benoit Hamon, c'est la fusion d’un maximum de prestations sociales comme le RSA, les aides au logement, la prime d'activité, mais aussi l'aide aux chômeurs en fins de droits, le minimum vieillesse et l'allocation aux adultes handicapés. Christophe Devys, président du collectif de lutte contre la pauvreté Alerte, participera à cette concertation. Il a estimé lundi sur franceinfo que "lutter contre le non recours" des aides sociales "est un bel objectif".

franceinfo : Pourquoi participez-vous à cette concertation ?

Christophe Devys : L'objectif de cette réforme est de lutter contre le non-recours. Il y a beaucoup de personnes qui auraient droit à une allocation et qui ne font pas les démarches nécessaires. Pour le RSA, c'est plus de 30%. Lutter contre le non-recours, c'est un bel objectif. Simplifier les aides, les harmoniser, cela nous parait tout à fait souhaitable et c'est pour cela que nous nous engageons dans cette concertation. Cela a été fait avec la prime d'activité. C'était la réunion de la prime pour l'emploi (PPE) et du RSA activité. Le RSA activité connaissait un taux de non-recours de 70%. Aujourd'hui, on constate un taux de recours inférieur à 20%.

Allez-vous évoquer la question des minimas sociaux ?

C'est l'occasion de poser la question du montant des minimas sociaux. Les minimas sociaux ne sont pas fixés à un niveau qui permettrait à chacun de vivre dans des conditions dignes. Il ne faut surtout pas que ce soit un nivellement par le bas. Il faut au contraire qu'il y ait un plus. Nous demandons que chaque personne en France puisse bénéficier d'un revenu qui soit égal au moins à la moitié du revenu médian, soit à peu près 850 euros. La troisième raison qui nous amène à nous engager dans cette concertation, c'est la possibilité d'engager la réflexion sur l'accès aux jeunes de 18 à 25 ans à ce type d'allocations.

Avez-vous des points de vigilance ?

Cette réforme ne peut pas se faire à budget constant. Si on travaille a budget constant, cela veut dire qu'il y aura des gagnants et des perdants. Des gagnants c'est bien, des perdants, ce n'est vraiment pas possible. Il ne peut pas y avoir des perdants dans cette zone de la population, notamment dans les 15% des personnes qui sont en situation de pauvreté.