Allocations familiales : un bénéficiaire sur cinq a dû rembourser un trop-perçu en 2018

La Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) précise que ces erreurs sont souvent involontaires et dues au fait que les allocataires ne pensent pas à signaler un changement dans leur situation professionnelle ou familiale.

La Caisse nationale des allocations familiales à Paris, en février 2019. 
La Caisse nationale des allocations familiales à Paris, en février 2019.  (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS / AFP)

"Pour éviter de rembourser, mieux vaut tout déclarer." Environ 20% des bénéficiaires d'allocations, soit deux millions de personnes, ont dû rembourser en 2018 un trop-perçu à la suite d'erreurs de déclarations, a indiqué jeudi la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf). Chez les bénéficiaires du RSA, la proportion de dossiers avec un trop-perçu peut même atteindre 50%, a précisé lors d'une conférence de presse Vincent Mazauric, directeur général de la Cnaf. L'an dernier, le montant des trop-perçus récupérés s'est élevé à 802 millions d'euros.

Considérées dans leur immense majorité comme involontaires et ne relevant donc pas de la fraude, ces erreurs sont souvent dues au fait que les allocataires ne pensent pas à signaler un changement dans leur situation professionnelle (reprise d'activité) ou familiale (vie en couple, départ d'un enfant).

Deux fois plus de cas de fraude détectés en 5 ans

L'administration multiplie les vérifications pour déceler les erreurs : croisements automatisés de données avec le fisc et Pôle emploi, justificatifs réclamés aux allocataires et contrôles à domicile, par exemple pour vérifier si des personnes qui ont déclaré vivre seules ne sont pas en fait en situation de concubinage.

Une traque qui a permis de confondre l'an dernier plus de 32 000 fraudeurs, impliqués dans près de 45 000 dossiers volontairement falsifiés. Ce chiffre, relativement stable par rapport à 2017, a en revanche plus que doublé depuis 2013.

"Cela ne veut pas dire qu'il y a deux fois plus de fraude, mais que la fraude est mieux recherchée et donc mieux détectée", selon Vincent Mazauric qui souligne par ailleurs que le phénomène "ne représente que 0,35% des allocataires ; l'immense majorité des gens qui se trompent ne sont pas des fraudeurs".