"Une personne interrogée sur cinq est une femme", selon le 11e Observatoire sur la parité dans les médias

Le porte-parole de la plateforme Tagaday estime qu'il faudra attendre 30 ans pour que les femmes et les hommes aient le même temps de parole dans les médias.
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Radio France
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Micro franceinfo (illustration). (ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP)

"Une personne interrogée sur cinq dans les médias est une femme", note Jean-Maurice Galicy, le porte-parole de la plateforme Tagaday, invité mercredi 8 mars sur franceinfo. À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, la plateforme livre son 11e Observatoire sur la parité dans les médias. Parmi les secteurs ou rubriques où les femmes sont le moins visibles, il y a "le monde des affaires", où elles ne représentent qu'un "très maigre 1%" des personnes interrogées"

franceinfo : Quels sont les résultats de votre 11e Observatoire de la parité dans les médias ? 

Jean-Maurice Galicy : On est encore assez loin de la parité. Nous avons 21,4 % de femmes présentes dans les médias sur les deux premiers mois de 2023, contre 20,4% sur l'année 2022. Une personne sur cinq interrogée dans les médias est une femme selon notre classement. Si on essaie d'avoir une note positive, on peut regarder en arrière sur les dernières années. On avait au plus bas 15 % de femmes en 2015 et aujourd'hui nous en avons 21 %. Dans une certaine mesure, on progresse. Ce n'est ni linéaire, ni foudroyant, mais il y a une réelle progression. 

"À ce rythme-là, il faut trente ans pour atteindre la parité dans les média."

Jean-Maurice Galicy

sur franceinfo

Quel est le secteur des médias où les femmes s'expriment beaucoup moins que les hommes ?

Dans la catégorie des médias business, affaires, autour du monde de l'entreprise, on est sur un très maigre 1 % de femmes. C'est principalement lié au fait que la presse écrite, régionale, nationale ou les médias de l'audiovisuel sont liés à ce qu'il se passe dans la société. C'est clairement une question de représentations : s'il y a moins de femmes qui dirigent, il y aura forcément moins de possibilités pour qu'elles soient interrogées. Nous n'avons, par exemple, que trois femmes qui dirigent des entreprises du CAC 40. Si les femmes sont plus nombreuses dans les conseils d'administration aujourd'hui, beaucoup de dirigeantes m'ont indiqué que les hommes répondaient plus facilement aux sollicitations médiatiques, là où les femmes hésitent davantage.

La libéralisation de la parole avec MeToo n'a-t-elle pas été porteuse de changement en profondeur ? 

On s'attendait à un changement plus fort. On voit qu'il y a un déclic, car on passe de 19 % avant MeToo, à 21 % aujourd'hui, mais ce n'est pas un bond gigantesque. Ce n'est pas à la hauteur de ce qu'on pouvait imaginer. Maintenant, il y a aussi des initiatives dans les médias qui montrent des résultats intéressants. Le journal Ouest-France fait une vraie comptabilité de ses interviews avec des femmes. Ce média est aujourd'hui à 36 % de femmes interrogées. Radio France a aussi mis en place à une charte diversité pour ses antennes.

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