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Syrie : Bachar al-Assad lance un avertissement à la France

Le président syrien a accordé un entretien à l'envoyé spécial du Figaro à Damas publié lundi. Bachar al-Assad menace clairement les "intérêts de la France" en cas de frappes sur la Syrie. Il affirme : "Le peuple français n'est pas notre ennemi", contrairement à "la politique de son État", qualifié de "subalterne de la politique américaine".
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Radio France
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 (Sana Reuters)

À travers l'interview accordée à l'envoyé spécial du Figaro à Damas Georges Malbrunot, Bachar al-Assad veut montrer qu'il est encore lucide, et voit clair dans les déclarations successives des Occidentaux au sujet d'une éventuelle frappe contre la Syrie. Point par point, le président syrien s'attache à démonter les arguments faisant de lui le bourreau de son peuple, au coeur d'un conflit qui a fait plus de 110.000 morts en plus de deux ans.

Georges Malbrunot revient, pour France Info, sur les conditions dans lesquelles cet entretien a été réalisé, pendant 45 minutes dans une maison hors du palais présidentiel de Damas. L'envoyé spécial du Figaro affirme avoir trouvé le président syrien "très calme ".

L'attaque chimique du 21 août dernier "Quiconque accuse doit donner des preuves. Nous avons défié les États-Unis et la France d'avancer une seule preuve. MM. Obama et Hollande en ont été incapables [...] Si les Américains, les Français ou les Britanniques disposaient d'une seule preuve, ils l'auraient montrée, dès le premier jour ".

"Quel intérêt [pour le régime] à attaque à l'arme chimique, alors que notre situation sur le terrain est aujourd'hui bien meilleure qu'elle ne l'était l'année dernière ? "

La position de Barack Obama "Nous estimons que l'homme fort est celui qui empêche la guerre, et non celui qui l'enflamme [...] Obama est faible parce qu'il a subi des pressions à l'intérieur des États-Unis ."

"Quel serait l'intérêt des parlementaires américains à poursuivre ce que George Bush avait commencé, à savoir répandre les guerres dans le monde. "

L'éventuelle riposte de la Syrie "Le Moyen-Orient est un baril de poudre, et le feu s'en approche aujourd'hui. Il ne faut pas seulement parler de la riposte syrienne, mais bien de ce qui pourrait se produire après la première frappe [...] Un risque de guerre régionale existe. "

Le rôle de la France "La relation que j'avais avec la France dans le passé n'était pas une relation d'amitié. C'était une tentative française de changer l'orientation de la politique syrienne, et ce à la demande des États-Unis [...] La politique de la France vis-à-vis de la Syrie dépendait alors totalement du Qatar et des États-Unis. "

"Après l'invasion de l'Irak en 2003, la France a décidé de renoncer à son indépendance et est devenue un acteur subalterne de la politique américaine [...] Comment la France peut-elle combattre le terrorisme au Mali et le renforcer en Syrie ? "

"Le peuple français n'est pas notre ennemi, mais la politique de son État est hostile au peuple syrien. Dans la mesure où la politique de l'État français est hostile au peuple syrien, cet État sera son ennemi [...] Il y aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France. "


Cet entretien est publié dans l'édition papier du Figaro, en date du mardi 3 septembre. Des extraits sont à retrouver dans l'édition numérique.

Ce lundi, la France a déclassifié plusieurs documents montrant, selon le gouvernement, l'implication du régime de Bachar al-Assad dans l'attaque chimique du 21 août dernier près de Damas.

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