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Audrey Pulvar, deux ans à se défendre d'être sous influence

La journaliste a annoncé dimanche soir "la fin de sa relation" avec le ministre du Redressement productif. Retour sur une histoire très commentée.

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France Télévisions
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Audrey Pulvar dans une robe en chocolat, le 30 octobre 2012 au Salon du chocolat, à Paris. (MIGUEL MEDINA / AFP)

MEDIAS – On ne l'accusera plus d'être une femme sous influence, elle n'aura plus à assurer qu'elle est impartiale. Depuis que sa liaison avec Arnaud Montebourg avait été révélée au grand public en 2010, Audrey Pulvar le reconnaissait dans le JDD : elle était "encore plus que d'habitude dans la ligne de mire". La journaliste avait peut-être néanmoins sous-estimé à quel point sa relation avec le socialiste serait scrutée et commentée. Alors qu'elle a annoncé dimanche 18 novembre leur séparation, retour sur près de trois ans de curiosité et de suspicion.

Février 2010 : "Je ne suis 'que' la compagne, la petite amie d'Arnaud Montebourg"

Audrey Pulvar en août 2010 pour la rentrée de radio France. (CHRISTOPHE MORIN  / MAXPPP)

Alors que la presse people révèle la relation du couple, la journaliste, qui officie sur i-Télé, propriété de Canal+, réplique dans Le Journal du dimanche à l'occasion d'un article sur sa popularité. "Je ne suis 'que' la compagne, la petite amie d'Arnaud Montebourg, qui est député de Saône-et-Loire et qui n'est pas au gouvernement. La direction de Canal+ m'a juste dit que s'il était amené à prendre des fonctions plus importantes, des questions se poseraient alors, sans que cela m'oblige à arrêter mon métier bien sûr ! (…) Si je sens le moindre conflit d'intérêts, je me retirerai."

Octobre 2010 : "Ce n'est pas pour prendre la défense d'Arnaud Montebourg, mais…"

L'exercice devient parfois difficile. Alors que son compagnon fustige l'orientation "de droite" de TF1, Audrey Pulvar est interrogée sur le sujet. Si la journaliste assure "ne pas être d'accord sur tout" avec Arnaud Montebourg, elle peine à convaincre les observateurs de sa neutralité.

 

Un mois plus tard, la journaliste perd son émission de télévision sur i-Télé. "J'ai compris que j'étais le principal défaut d'Audrey Pulvar", dit Arnaud Montebourg, détournant une déclaration qu'il avait réservée à François Hollande quand il était le bras droit de Ségolène Royal lors de la campagne de 2007.

Octobre 2011 : la journaliste au côté du candidat

 

Arnaud Montebourg est accompagné d'Audrey Pulvar à la Bellevilloise le 9 octobre 2011 quand il prend la parole à l'issue du premier tour de la primaire socialiste dont il sort en homme fort, avec 17% des voix. (THOMAS COEX / AFP)

9 octobre 2011, premier tour de la primaire socialiste. Arnaud Montebourg arrive troisième derrière François Hollande et Martine Aubry. Avec 17% des voix, il est l'homme fort de la soirée. Audrey Pulvar, relativement discrète jusque-là, monte sur scène avec son compagnon et salue la foule. Dans la foulée, France Inter restreint ses prérogatives. Son édito ne doit plus comporter d'allusion politique. France 2 attend fin mai 2012 et la toute dernière ligne droite avant la présidentielle pour écarter la chroniqueuse d'"On n'est pas couché", au côté de Natacha Polony.

Juillet 2012 : Pulvar à la tête des "Inrocks"

Le 16 juillet 2012, Audrey Pulvar à la rédaction des Inrockuptibles. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

La nouvelle fait grincer des dents à plus d'un titre. A la mi-juillet, un communiqué annonce qu'Audrey Pulvar est nommée à la direction de la rédaction des Inrockuptibles. Quel est le problème ? La journaliste avait fait la couverture peu de temps avant et les partis pris de gauche du titre heurtent certains. Surtout, son compagnon est devenu ministre, ce qui questionne son indépendance selon certains confrères. "Sinclair, Ockrent, Trierweiler… Le débat autour des relations politiques-journalistes n'a cessé d'être posé en France. Les Inrocks ont tranché. De la façon la plus radicale. Et ça fait mal à la profession", estime Télérama

Septembre : des soupçons de conflits d'intérêts

Arnaud Monterbourg à la sortie de l'Elysée le 1er août 2012. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)
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Fin août, la banque Lazard se voit confier par Bercy le rôle de banque conseil pour la création de la Banque publique d'investissement. Problème, le patron de Lazard est le propriétaire des Inrocks, Matthieu Pigasse. De quoi faire tousser certains puisqu'il s'agit de l'employeur de la petite amie du ministre du Redressement productif. La désignation de Lazard se serait faite contre l'avis d'Arnaud Montebourg, assure ce dernier. Le couple réfute tout trafic d'influence.

Automne 2012 : tous les faits et gestes de Pulvar disséqués

Audrey Pulvar distribue les Inrocks pendant une manifestation pro-mariage des homos, le 7 novembre 2012. (CITIZENSIDE / AFP)

Dès lors, il devient impossible de ne pas tenter de lire un dessein politique dans chaque fait et geste de la directrice de la rédaction des Inrocks. Quand elle se rend à la manifestation de soutien à l'ouverture du mariage aux homosexuels, faut-il y voir un coup de pouce à la politique gouvernementale en faveur du "mariage pour tous" ? Cela a-t-il pour autant un lien avec le fait qu'Audrey Pulvar soit la compagne d'Arnaud Montebourg ?

Quelques jours plus tôt, la journaliste va jusqu'à jouer avec l'idée que le ministre du Redressement productif remplace Jean-Marc Ayrault. 

Mais, dimanche 18 novembre, Audrey Pulvar envoie un SMS lapidaire à l'AFP annonçant la fin de sa relation avec Arnaud Montebourg.

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