Pourquoi le journaliste Gaspard Glanz n'a pas été accrédité à la conférence de presse d'Emmanuel Macron

Le journaliste indépendant a été interpellé lors de la manifestation des "gilets jaunes" du 20 avril. Il a été libéré après 48 heures passées en garde à vue.

Capture écran de la vidéo YouTube d\'Eric Diffusion, sur la sortie de garde à vue de Gaspard Glanz, le 22 avril 2019.
Capture écran de la vidéo YouTube d'Eric Diffusion, sur la sortie de garde à vue de Gaspard Glanz, le 22 avril 2019. (ERIC DIFFUSION/YOUTUBE)

"J'allais pas venir en baskets !" Le média Arrêt sur images a tenté, jeudi 25 avril, d'accréditer le journaliste indépendant Gaspard Glanz à la conférence de presse d'Emmanuel Macron ayant lieu dans la soirée. "Il nous semble en effet particulièrement qualifié sur la question des libertés publiques. Nous vous tenons au courant", précise le compte Twitter du média à 9 heures ce jeudi matin. 

Mais la demande d'accréditation a finalement été refusée, a fait savoir l'Elysée à franceinfo. "La demande n'a pas été effectuée à temps, elle est arrivée ce matin. Or, la date limite d'accréditation était hier (mercredi) à 10 heures", dit-on au service presse.

"Pas responsables de l'erreur"

La lettre de demande d'accréditation a toutefois été rédigée mercredi, comme le montre un tweet du média. "Nous ne sommes pas responsables de l'erreur, nous ne pouvons plus accréditer personne pour des raisons de sécurité. Il y a déjà beaucoup de journalistes accrédités", poursuit l'Elysée.

Dans une note aux rédactions envoyée par l'Elysée le 19 avril, il est indiqué qu'il faut avoir la carte de presse pour être accrédité, mais le journaliste Gaspard Glanz n'en est pas titulaire. Interrogée, la présidence précise que pour être accrédité il faut, en plus d'avoir envoyé sa demande à temps, faire parvenir sa carte de presse ou sa pièce d'identité et se munir de la confirmation d'accréditation par mail.

Si la demande était arrivée à temps il n'y aurait eu aucun souci pour l'accréditer. Mais il y a des règles et il faut les respecter.L'Elyséeà franceinfo

Le directeur d'Arrêt sur images fait savoir qu'il n'a pas reçu cette note ni le formulaire d'acréditation, "quoi que média enregistré auprès de la commission paritaire". Pourtant, chaque média peut librement demander à recevoir les mails de l'Elysée. "La présidence a fait savoir vendredi (le 19 avril) que la conférence aurait lieu aujourd'hui, rien ne l'empêchait de faire une demande depuis. Là, faire une demande le matin même pour une conférence inédite dont on a connaissance depuis une semaine, c'est risqué", explique une journaliste qui participe à la conférence.

Contacté, le directeur de la rédaction d'Arrêt sur images n'a pas donné suite à nos appels. Sur Twitter, la rédaction avance un "prétexte fallacieux" pour refuser d'accréditer Gaspard Glanz. Ce dernier a été placé sous contrôle judiciaire, lundi, à l'issue de sa garde à vue. Arrêté samedi en marge des manifestations des "gilets jaunes" après avoir fait un doigt d'honneur à la police, le journaliste n'a plus le droit d'être à Paris tous les samedis jusqu'à son procès le 18 octobre.