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Postfinance, la filiale bancaire de la Poste suisse, a annoncé lundi avoir fermé le compte du fondateur de WikiLeaks

L'institut bancaire a "décidé de mettre un terme à ses relations d'affaires" avec M. Assange, estimant qu'il "avait donné de fausses indications sur son lieu de domicile lors de l'ouverture de son compte".Le fondateur de WikiLeaks avait "indiqué être domicilié à Genève, ce qui s'est révélé être faux", a souligné Postfinance.
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Le site WikiLeaks (AFP Thomas Coex)

L'institut bancaire a "décidé de mettre un terme à ses relations d'affaires" avec M. Assange, estimant qu'il "avait donné de fausses indications sur son lieu de domicile lors de l'ouverture de son compte".

Le fondateur de WikiLeaks avait "indiqué être domicilié à Genève, ce qui s'est révélé être faux", a souligné Postfinance.

Un avocat de Julian Assange a déclaré lundi que son client et lui-même se préparaient à organiser une rencontre avec la police britannique. Assange, qui a la nationalité australienne, fait l'objet d'un mandat d'arrêt en Suède où il est soupçonné de viol et de viplences sexuelles. Ce mandat d'arrêt a été relayé lundi par un avis international de recherche d'Interpol.

Dans le même temps, la société française hébergeant une partie de WikiLeaks, OVH, a annoncé lundi que la justice ne lui avait pas imposé de fermer le site controversé, en rejetant plusieurs requêtes demandant aux juges de statuer sur la légalité du site.

De nouvelle révélations ont également eu lieu ce week-end par les télégrammes diplomatiques américaines divulgués par WikiLeaks

Sites sensibles, Yémen, Françafrique, l'atlantisme britannique, la Chine et Google ou encore l'Afghanistan sont au menu de ces nouvelles révélations gênantes.

Des révélations dangereuses "pour la démocratie" selon le prix Nobel de Littérature 2010 Mario Vargas Llosa.

Les sites sensibles
WikiLeaks a publié une liste "secrète" de centaines de sites sensibles en dehors des Etats-Unis dont la destruction "affecterait de manière significative" la sécurité américaine. Cette liste recense notamment divers laboratoires pharmarceutiques d'Europe produisant de l'insuline ou des vaccins, des installations gazières au Qatar, pétrolières en Arabie saoudite ou bien encore une mine de cobalt au Congo.

Elle fait également mention des points d'arrivée à terre de câbles sous-marins de télécommunications et du réseau d'oléoducs entre Bakou, en Azerbaïdjan, et le terminal pétrolier de Ceyhan, en Turquie.

A Londres, William Hague, secrétaire au Foreign Office, a estimé que cette publication "sans considération pour la sécurité de millions de personnes" était "particulièrement répréhensible".

"Il y a naturellement beaucoup d'inquiétude autour de la divulgation de cette liste de cibles qui pourrait être utile à des terroristes ou à des saboteurs", a ajouté le chef de la diplomatie britannique au micro de la BBC.

"Au fond, ce que cette liste dit aux terroristes, c'est qu'ils visent en ce moment des cibles sous haute sécurité mais d'une valeur relativement faible alors qu'ils pourraient attaquer des cibles de haute valeur mais protégées de manière relativement faible", a-t-il dit à la BBC.

La Françafrique, ses clauses "absurdes"
Rémy Maréchaux, l'ancien conseiller Afrique du président français Nicolas Sarkozy, a jugé que certaines clauses secrètes d'accords conclus dans les années 60 entre la France et ses ex-colonies africaines mériteraient d'être révisées en raison de dispositions "absurdes" et "ridicules", selon plusieurs mémos de l'ambassade américaine à Paris dont celui du 25 janvier 2010 qui résume "la France est un de nos plus puissants alliés en Afrique".

Dernière chance en Afghanistan
"Plus personne en Europe ne croit (à un succès) en Afghanistan", a dit le président de l'UE Herman Van Rompuy lors d'un entretien avec l'ambassadeur des Etats-Unis en Belgique, Howard Gutman, le 4 janvier. "Nous restons encore en 2010 par respect pour les Américains, c'est tout", a-t-il ajouté. "Mais c'est la dernière chance", a-t-il dit, selon le câble rédigé par M. Gutman.

L'atlantisme britannique
Des membres de premier plan du gouvernement conservateur britannique, alors dans l'opposition, ont promis en 2008 aux Etats-Unis "un régime pro-Américain" et plus de contrats militaires une fois au pouvoir.

L'actuel ministre des Affaires étrangères William Hague a indiqué que David Cameron (actuel Premier ministre) ou George Osborne (ministre des Finances) étaient comme lui, des "Atlantistes résolus" et "des enfants de Thatcher", selon un câble du 1er avril 2008.

La Chine, Google et la "paranoïa"
"Un contact bien placé affirme que le gouvernement chinois a coordonné les récentes intrusions dans les systèmes de Google", selon des notes de diplomates américains en poste à Pékin, dont l'un daté du 18 mai 2009 désignant Li Changchun, membre du Bureau politique.

En mars 2009, l'ancien Premier ministre australien Kevin Rudd, a qualifié les dirigeants chinois de "paranoïaques" à propos du Tibet et de Taïwan et demandé aux Etats-Unis de se tenir prêts à recourir à la force en Chine si les choses tournaient mal.

L'argent de l'islam
L'ambassade américaine à Ryad, dans une note non datée de 2009, estime sur la foi de sources saoudiennes que les groupes tels qu'Al-Qaïda et les talibans afghans et pakistanais, y compris le Hamas palestinien collectent probablement des millions de dollars annuellement, à travers des donateurs privés, "le plus souvent à l'occasion du pèlerinage annuel de La Mecque et du ramadan".

Le Qatar est qualifié du "pire dans la région" en ce qui concerne la coopération avec Washington pour tarir le financement des groupes extrémistes.

Le Yemen
Les Etats-Unis se sont inquiétés de l'existence au Yemen d'un stock de missiles anti-aériens portables, du type de ceux fournis aux résistants afghans dans les années 80 et qui entre de mauvaises mains s'avèreraient une arme redoutable, selon un mémo du 4 août 2009.

Le Yémen a intentionnellement fait croire qu'un avion espion américain qui s'est abîmé en mer près de ses côtes était iranien, selon une note de 2007.

Trop de transparence est "dangereux", selon le Nobel Varags Llosa
"Mon opinion (sur WikiLeaks) est contradictoire. D'un côté, je trouve formidable la transparence, que tout sorte à la lumière. Cela nous préserve des intrigues, des manoeuvres, des mensonges", a déclaré en conférence de presse l'écrivain Péruvien naturalisé espagnol. "D'un autre côté, si tout sort à la lumière, si disparaît toute forme de confidentialité, de secret, je ne vois pas comment pourrait fonctionner un Etat", a-t-il ajouté.

"Simplement, les Etats seraient d'une telle vulnérabilité que les institutions (...), l'essence même de la démocratie, seraient en danger", a affirmé l'ancien candidat à la présidentielle péruvienne.

Il est "paradoxal" que ce soient justement les Etats les plus démocratiques qui soient "les plus vulnérables à ce type d'exposition" alors que "les dictatures sont préservées" du fait même de la rigidité de leur régime, a conclu l'ex-sympathisant d'extrême-gauche devenu libéral et pourfendeur de toutes les dictatures.

Mario Vargas Llosa, 74 ans, doit recevoir vendredi le prix Nobel de Littérature que lui a décerné en octobre l'Académie suédoise pour une oeuvre qui ausculte "les structures du pouvoir".

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