VIDEO. "C'est devenu une vraie réécriture" : "La Voix du Nord" explique pourquoi elle interdit toute relecture avant la publication d'une interview

Les hommes et femmes politiques français exigent souvent de relire leur interview avant publication dans la presse. "La Voix du Nord" a décidé de ne plus accepter cette pratique.

FRANCEINFO

"Ce qu'on pouvait tolérer peut-être il y a quinze ans, c'est-à-dire une relecture un petit peu technique, des chiffres notamment, est devenu une vraie réécriture", explique Patrick Jankielewicz, rédacteur en chef de La Voix du Nord, qui a décidé de ne plus accepter que les politiques relisent leurs interviews. "Les communicants policent, aseptisent complètement le texte. Ils ajoutent des questions, contestent les titres. C'est devenu assez inadmissible", précise le journaliste.

Inconcevable en Belgique

La Voix du Nord appartient au même groupe que le grand quotidien belge Le Soir. "En Belgique, il y a une séparation très nette entre le journaliste et le politique. Je pense que mes collègues du Soir ne concevraient pas de faire relire leurs interviews", affirme Patrick Jankielewicz, qui répond "à des interviews depuis deux jours sans demander aucune relecture".

Descexemplaires du journal \"La Voix du Nord\", le 10 janvier 2017.
Descexemplaires du journal "La Voix du Nord", le 10 janvier 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)