Plainte des Jeunes communistes de Bobigny contre M6 pour un reportage de "Zone Interdite"

Ils réagissent après la diffusion le 12 avril d'un reportage de l'émission "Zone Interdite" intitulé "Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos".

Des immeubles à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 29 mars 2015.
Des immeubles à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 29 mars 2015. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Ils n'ont pas reconnu leur ville. Les Jeunes communistes de Bobigny ont annoncé, mercredi 22 avril, avoir porté plainte en diffamation contre la chaîne de télévision M6 après un reportage sur leur commune.

Cette plainte, qu'ils affirment avoir adressée lundi par courrier au parquet de Bobigny, survient après la diffusion, le 12 avril, d'un reportage de l'émission "Zone Interdite" intitulé "Quartiers sensibles : le vrai visage des nouveaux ghettos".

"Atteinte à l'honneur et à la réputation des habitants"

 "Ce reportage nous a beaucoup choqués. Nous connaissons la réalité de notre ville : Bobigny, ce n'est pas ça !" a affirmé le responsable du Mouvement des jeunes communistes de Bobigny et de Drancy, Deniz Cumendur.

La plainte, rédigée par l'avocat Jean-Toussaint Giacomo, "a pour objet de dénoncer une manipulation dont il résulte (...) une atteinte à l'honneur et à la réputation des habitants en même temps qu'une véritable incitation à la discrimination voire à la haine raciale et religieuse", selon une copie du texte.

De son côté, M6 n'a souhaité faire aucun commentaire, assurant qu'aucune plainte la visant ne lui avait été notifiée.

"Racoleur et caricatural", selon le maire UDI

Les Jeunes communistes reprochent à la chaîne de donner une "image intentionnellement tronquée et négative" des quartiers en se focalisant sur les "déviances", contribuant ainsi à "colporter et à aggraver tous les stéréotypes médiatiques" sur la banlieue. Selon eux, cela aggrave "la discrimination territoriale", encourage "le repli communautaire" et attise la haine et la "division", avec des "raccourcis douteux" comme celui opposant "Français" et "Maghrébins" au tout début du reportage.

Dans un communiqué diffusé le lendemain de l'émission, le maire de Bobigny, l'UDI Stéphane de Paoli, avait dénoncé de son côté un reportage "racoleur et caricatural", réalisé "dans le seul but de faire de l'audimat".