"Pendant des décennies, nos reportages étaient racistes", estime le magazine "National Geographic" dans un article

Ce journal américain, dont le premier numéro date de 1888, a analysé la représentation des personnes de couleur dans ses pages. 

Les couvertures du \"National Geographic\" dans une exposition, à Xi\'an (Chine), le 19 septembre 2017.
Les couvertures du "National Geographic" dans une exposition, à Xi'an (Chine), le 19 septembre 2017. (SONGCHANGBING / IMAGINECHINA / AFP)

"Pendant des décennies, nos reportages étaient racistes. Pour nous en détacher, il nous faut le reconnaître." Le constat est donné dès le titre. Dans un article publié lundi 12 mars, le National Geographic, à travers la voix de sa rédactrice en chef monde Susan Goldberg, fait un "examen de conscience" et analyse la représentation des personnes de couleur dans les pages de son journal.

Pour ce faire, le magazine américain fondé en 1888 a demandé à John Edwin Mason, professeur à l'université de Virginie (Etats-Unis) spécialisé dans l'histoire de la photographie et de l'histoire de l'Afrique, de se "plonger dans les archives de National Geographic". Et il en publie les résultats : "Jusque dans les années 1970, National Geographic ignorait complètement les personnes de couleur qui vivaient aux Etats-Unis, ne leur reconnaissant que rarement un statut, le plus souvent celui d'ouvriers ou de domestiques. Parallèlement à cela, le magazine dépeignait avec force reportages les 'natifs' d'autres pays comme des personnages exotiques, souvent dénudés, chasseurs-cueilleurs, sorte de 'sauvages anoblis'."

Tout ce qu'il y a de plus cliché.National Geographic

Dans son article, le magazine donne plusieurs exemples. Comme celui d'un reportage écrit en 1916 en Australie : "Sous plusieurs photos d'Aborigènes, on peut lire cette légende : 'Deux Noirs sud-Australiens : ces sauvages se classent parmi les moins intelligents de tous les êtres humains'", écrit le National Geographic de l'époque.

A la fin de l'article, Susan Goldberg conclut : "Je souhaite que les prochains rédacteurs en chef de National Geographic puissent être fiers de l'histoire de ce magazine - pas seulement pour les reportages que nous aurons décidé de publier mais aussi pour la diversité de journalistes, rédacteurs et photographes qui les portent."