Non, le président du CSA ne gagnera pas deux fois plus que son prédécesseur

Un arrêté paru le 1er février au Journal officiel double l'indemnité du nouveau président du CSA, Olivier Schrameck. Pourtant, sa rémunération sera la même que son prédécesseur, Michel Boyon. Explications.

Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l\'audiovisuel (CSA), le 23 janvier 2013 à Paris.
Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), le 23 janvier 2013 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Un arrêté paru le 1er février au Journal officiel vient de doubler l'indemnité de fonction allouée au président du Conseil supérieur de l'audiovisue (CSA), Olivier Schrameck. Elle passe ainsi de 55 307 à 100 500 euros par an. Pour autant, sa rémunération est identique à celle de son prédécesseur, Michel Boyon. 

Cette somme de 55 307 euros avait déjà été réévaluée sous Michel Boyon en 2008, mais par décision ministérielle. Il n'était donc pas obligatoire de le publier au Journal officiel", précise-t-on au CSA. "L’arrêté du 1er février est donc une régularisation officielle de la somme déjà perçue" par le prédécesseur d'Olivier Schramek. Conclusion ? "Les deux présidents [Michel Boyon et Olivier Schrameck] gagnent la même chose."

Une nomination polémique

En plus de cette indemnité de fonction forfaitaire, les deux présidents touchent le traitement de base "des fonctionnaires hors échelle, qui s'élève dans ce cas à 82 986 euros brut", précise Guillaume Evin, auteur du Livre noir du CSA (éditions du Moment). Michel Boyon bénéficiait ainsi d'une rémunération de 184 964 euros brut par an, selon le journaliste indépendant. Celle d'Olivier Schrameck est du même ordre. A Matignon, on précise que le nouveau président du CSA "gagne beaucoup moins qu'au Conseil d'Etat", où il était président de la section du rapport et des études du Conseil d'État. 

La nomination d'Olivier Schrameck par François Hollande, mercredi 9 janvier, avait suscité de nombreuses critiques. D'aucuns estimaient le choix de cet ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin trop politique.