Maison de la radio et de la musique : ce nouveau nom est une "évidence", pour la présidente de Radio France

Sibyle Veil a rappelé que la "maison ronde" produit déjà "plus de 300 concerts par an". 

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Radio France
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Sibyle Veil en décembre 2020.  (CHRISTOPHE ABRAMOWITZ / RADIOFRANCE)

La Maison de la radio devient mercredi 16 juin officiellement la Maison de la radio et de la musique. C'est le signe concret d'un "engagement très fort" de Radio France aux côtés des artistes, a affirmé Sibyle Veil, sur franceinfo ce mercredi. A partir de 16 heures, six heures de live en plein air sont prévus devant la maison ronde. Jean-Louis Aubert partagera la scène avec Youssoupha, Hervé, Georgio, Lulu Van Trapp, Doria, Last Train. 

franceinfo : Pourquoi changer le nom de la Maison de la radio ?

Sibyle Veil : En complétant le nom de ce bâtiment rond iconique, j'ai voulu tout d'abord rappeler une évidence, le fait que nous avons quatre formations musicales, que nous diffusons et enregistrons plus de 1 000 concerts, qu'on capte sur l'ensemble du territoire, qu'on produit nous-mêmes plus de 300 concerts. Nous avons trois antennes musicales depuis plus de 50 ans. Tous les plus grands artistes de toutes les époques sont venus dans cette maison. Donc, c'est d'abord rendre hommage à l'histoire de cette maison à un moment où, après deux années de crise, elle s'est mobilisée comme jamais pour soutenir un secteur qui avait été très fragilisé. Ce rôle-là de soutien du secteur, c'est aussi l'engagement pour Radio France de continuer à être l'acteur qui, au travers de ses antennes, au travers de ses formations musicales, essaie de faire vivre cette exception culturelle en France. Cette exception culturelle et musicale, qu'il est si important de défendre aujourd'hui, c'est à la fois un rôle historique qu'on reconnaît, c'est aussi la reconnaissance d'un engagement très fort depuis deux saisons et c'est un engagement à continuer d'être très présent sur le soutien au secteur de la musique.

Aujourd'hui, l'écoute de la musique se fait en grande partie en streaming sur les sites comme Deezer, Spotify, Apple Music : c'est une menace pour la créativité ?

Ce n'est pas une menace pour la créativité puisqu'il n'y a jamais eu autant d'artistes qui se lancent. Les algorithmes ne sont pas conçus pour pousser la diversité, tout comme ils ne sont pas conçus non plus pour soutenir les artistes nationaux, de soutenir les cultures nationales. C'est cela le vrai enjeu pour nous. Face à cette offre qui uniformise de plus en plus les goûts, les radios comme les nôtres sont un antidote à l'uniformité, qui, d'une part, proposent une diversité d'artistes et de titres extrêmement fortes grâce aux choix humains qui sont faits par les mélomanes. Les gens de passion qui sont sur nos différentes antennes, qui découvrent les artistes quand ils émergent, qui les accompagnent dans la durée, à rebours de ce qu'on constate aujourd'hui. Beaucoup d'artistes qui se lancent, beaucoup d'artistes qui ont des carrières fulgurantes alors qu'un artiste se construit dans la durée. C'est l'accompagnement qu'apportent beaucoup de nos antennes aux artistes. Sur franceinfo, il y a Bertrand Dicale et Elodie Suigo, sur France Inter, il y a Rebecca Manzoni et Michka Assayas. Je pourrais en citer beaucoup d'autres. Il y a aussi ce que fait France Musique pour la musique classique. On guide les auditeurs vers des découvertes et on soutient les artistes dans la durée. Ce sont des rôles qui sont absolument nécessaires compte tenu de l'évolution de l'écosystème musical aujourd'hui.

Ce soir, le rappeur Youssoupha sera là lui aussi. C'est lui qui chante l'hymne officieux des Bleus. Ce choix a été très critiqué par l'extrême droite en raison des paroles de plusieurs de ses chansons dans lesquelles il insulte Marine Le Pen ou encore Eric Zemmour. Est-ce que vous avez hésité à l'inviter ?

Nous l'avons invité pour des raisons artistiques, bien avant que la polémique éclate. Et moi, je ne fais pas de politique. Ce dont je m'assure en tant que présidente de Radio France, c'est que les valeurs du service public ne sont pas méconnues. Je ne sais pas si je ne sais pas si vous avez écouté le titre "Ecris mon nom en bleu". Moi, je l'ai écouté et c'est une chanson qui fédère les Français, qui fédère les jeunes, quel que soit leur origine, autour de l'équipe de France pour l'Euro de foot. Donc, il n'y a rien de contraire aux valeurs du service public. Bien au contraire. Et plus personnellement, moi, je pense que ça pose la question de la parole de l'artiste dans la société. Cette parole a toujours eu un statut à part qui est liée à la liberté de création. Un artiste doit respecter l'ordre public et la loi. Il y a un principe de liberté artistique. Et la parole d'un artiste n'est pas du tout la parole d'un politique. Tous les deux ont des rôles dans la société qui sont très différenciés. Il faut revenir aussi à ces fondamentaux.

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