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L’ONU divisée sur la dépénalisation de l’homosexualité

Au nom de l’universalité des droits de l’Homme, un tiers des pays du monde a lancé aux Nations unies un appel historique à la dépénalisation de l’homosexualité. Mais un autre tiers s’y oppose, emmené par les pays arabes et le Vatican…
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Radio France
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Sur les 192 membres des Nations unies, 66 ont signé l’appel à la dépénalisation de l’homosexualité, dont la secrétaire d’Etat française aux Droits de l’Homme Rama Yade est l’une des inspiratrices. Cette déclaration politique place la question des droits des homosexuels, lesbiennes, bisexuels et transgenres à l’ordre du jour de l’Assemblée de l’ONU. Parmi les 66 pays signataires, figurent notamment l’ensemble de l’Union européenne, le Brésil, Israël et le Japon.

Réaffirmant "le principe de non-discrimination" quels que soient "l’orientation sexuelle et l’identité de genre", le texte dénonce en particulier "le recours à la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, la pratique de la torture, des traitements cruels ou inhumains" infligés aux homosexuels.

Car l’homosexualité reste interdite, et donc punie, dans 77 pays. La peine de mort est même appliquée aux homos dans sept pays : l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, l’Iran, la Mauritanie, le Nigéria, le Soudan et le Yémen.

Homosexualité et pédophilie

Face à l’appel des 66, un contre-texte a été présenté par 60 autres pays. Ce texte, qui fait encore l’amalgame entre homosexualité et pédophilie, est notamment soutenu par certains Etats arabes et le Vatican. Car la condamnation des discriminations et préjugés concernant les homosexuels risque, aux yeux du Saint-Siège, de favoriser le mariage gay, l’adoption par des couples du même sexe ou la procréation assistée pour les homos.

Soixante six pays pour, soixante contre, et au moins autant qui n’ont encore signé aucune des deux déclarations. La Chine, la Russie et les Etats-Unis notamment où, sous l’ère Bush, le mariage gay a été retoqué dans de nombreux Etats. La communauté homo attend beaucoup, beaucoup plus, du président Obama.

Gilles Halais avec agences

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