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Le secrétaire général de l'Elysée a attaqué vendredi en diffamation le site Médiapart et son directeur Edwy Plenel

Le site d'information avait accusé M.Guéant d'avoir "impulsé" et "coordonné" l'espionnage de deux de ses journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt afin d'identifier leurs informateurs.Le secrétaire général de l'Elysée, qui se dit "blessé" selon son avocat, réclame un euro de dommages et intérêt et la publication du jugement.
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Claude Gueant (AFP - Lionel Bonaventure)

Le site d'information avait accusé M.Guéant d'avoir "impulsé" et "coordonné" l'espionnage de deux de ses journalistes enquêtant sur les affaires Karachi et Bettencourt afin d'identifier leurs informateurs.

Le secrétaire général de l'Elysée, qui se dit "blessé" selon son avocat, réclame un euro de dommages et intérêt et la publication du jugement.

Le procès pourrait se tenir à l'automne 2011.

Guéant "choqué et blessé" selon son avocat
Claude Guéant
"est présenté comme étant le grand ordonnateur de tous les espionnages de journalistes. C'est faux et il veut en demander réparation", a déclaré vendredi Me Jean-Yves Dupeux, après avoir déposé une citation directe devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Son client aurait été "choqué et blessé" par de tels propos. A 66 ans, c'est d'ailleurs "la première fois qu'il fait un procès à quiconque", a tenu à préciser Me Dupeux.

"On ne peut pas laisser dire n'importe quoi, il y a des limites à tout.", avait déclaré Claude Guéant le week-end dernier au Journal du Dimanche. Et d'ajouter: "il y a tellement de journalistes disant du mal du président (…) que cette tâche que l'on m'impute serait gigantesque. Tout cela est absurde."

Dans sa citation contre Mediapart, M.Guéant reproche également à Ewy Plenel de lui imputer le fait d'être "l'acteur essentiel d'une corruption de l'Etat et d'une dérive partisane imposée à l'Etat et à ses services". Si Me Jean-Yves Dupeux reconnaît qu'il existe un "droit à la polémique", celui-ci "cède devant les attaques personnelles, ici violentes et manifestes", précise-t-il dans sa citation.

Réaction d'Edwy Plenel
"Ils nous refont de la publicité", a réagi le fondateur de Mediapart Edwy Plenel. Sur Mediapart, il affirme vendredi que cette contre-attaque judiciaire est "sans précédent sous la Cinquième République". Selon lui, "cette plainte serait une déclaration de guerre non seulement à la liberté de la presse, mais à la démocratie qui la fonde et la légitime".

Edwy Plenel assure aussi que ses "informations sur l'espionnage des journalistes de Mediapart sont confirmées en cascade par de nouvelles révélations".

La semaine passée, lorsque M.Guéant avait annoncé son intention de porter plainte contre le site d'informations, il avait estimé que ce serait "une superbe occasion d'un procès où la liberté de l'information mettra en évidence la part d'ombre de cette présidence".

Cette citation directe intervient deux jours après , qui l'avait accusé la semaine dernière de piloter des opérations illégales de surveillance des journalistes.

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