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Le journaliste et essayiste Jean-François Fogel est mort à l'âge de 76 ans

Pionnier du journalisme numérique, il a notamment dirigé la Fondation pour un nouveau journalisme en Amérique Latine, créée par l'écrivain Gabriel Garcia Marquez.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le journaliste Jean-François Fogel, à Huesca (Espagne), le 12 mars 2014. (ALVARO CALVO / MAXPPP)

Le journaliste Jean-François Fogel s'est éteint dimanche 19 mars à Paris, à l'âge de 76 ans, a annoncé son épouse à l'AFP. Il a succombé à une hémorragie cérébrale. Né le 3 mars 1947 à Gargenville (Yvelines), diplômé Sciences Po et du Centre de formation des journalistes, il avait fait ses débuts à l'Agence France-Presse et travaillé pour de nombreuses publications, dont Libération et Le Point.

Conseiller auprès de la direction du journal Le Monde dans les années 90 et jusqu'en 2002, il avait pris part à la relance du quotidien avec la création d'une nouvelle formule en 1994. Il avait ensuite participé à la définition et à la mise en œuvre de la stratégie et de la conception rédactionnelle de la filiale numérique du Monde, avec le lancement du site lemonde.fr.

Acteur du tournant numérique

Avec Bruno Patino, actuellement président d'Arte, il a coécrit deux ouvrages sur le tournant numérique pour la presse : La presse sans Gutenberg en 2005 et La condition numérique en 2013. Ils ont tous deux créé le site francetvinfo.fr, devenu franceinfo.fr.

Egalement professeur à l'Ecole de journalisme de Sciences Po et consultant pour de nombreux médias, Jean-François Fogel a publié d'autres ouvrages, dont Morand-Express (1980), Fin de siècle à La Havane (1993), ou encore Le Testament de Pablo Escobar (1994).

Jean-François Fogel était aussi l'un des dirigeants de la Fondation pour un nouveau journalisme en Amérique Latine, créée par l'écrivain Gabriel Garcia Marquez, qu'il avait rencontré au début des années 1970. "Jean-François avait une connaissance et un intérêt profonds pour l'Amérique latine et la culture latino-américaine, il a écrit des livres sur Cuba et la Colombie (...) Il aimait le journalisme et la littérature, il se souciait de la liberté d'expression et de la qualité de la démocratie dans la région", écrit la Fondation dans un texte qui lui rend hommage. Et ses auteurs de citer une maxime de Gabriel García Márquez prononcée dans une interview accordée en 1983 au journal colombien El Tiempo : "Personne ne tue un écrivain. Pas même la mort." 


Ce site n'existerait pas sans Jean-François Fogel qui fut l'une des chevilles ouvrières de la naissance de la plateforme numérique de France Télévisions en 2011, alors baptisée francetv info (puis devenue franceinfo.fr). Il en a bâti les fondations et nous a accompagnés tout au long de son développement, avec finesse, bienveillance et une vision percutante de ce que devait apporter le numérique dans le paysage de l'information de service public. Nombre d'entre nous ont connu, côtoyé et apprécié cette personnalité charismatique, jamais avare de conseils en écriture ou de thé. La rédaction est bouleversée d'apprendre sa disparition et de publier cette nouvelle. Nous pensons à sa famille et ses amis.

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