"Le journal a beaucoup changé mais la référence à Jean Daniel est constante", affirme l'actuel rédacteur en chef de L'Obs

Après la mort du fondateur du Nouvel Observateur, Jean Daniel, à l'âge de 99 ans, l'actuel rédacteur en chef de L'Obs, Sylvain Courage, se souvient sur franceinfo d'un homme "exigeant avec les journalistes", qui voulait "mettre de la culture dans la politique, et de la politique dans la culture". 

Le journaliste, écrivain et essayiste Jean Daniel en 1966, deux ans après la fondation du Nouvel Observateur.
Le journaliste, écrivain et essayiste Jean Daniel en 1966, deux ans après la fondation du Nouvel Observateur. (AFP)

"Le journal a beaucoup changé mais la référence à Jean Daniel est constante, elle s'est prolongée et se prolongera", affirme sur franceinfo Sylvain Courage, rédacteur en chef de L'Obs, après le décès du fondateur du journal. Jean Daniel est mort jeudi 20 février à l'âge de 99 ans

"Il a toujours été en lien avec ce titre, qu'il avait relancé en 1964", raconte Sylvain Courage. "Ces dernières semaines, ces derniers jours, il demandait des nouvelles du journal. Il se faisait envoyer les pages dès le jour du bouclage pour donner son avis. C'était sa passion et il n'a jamais rompu le lien avec L'Obs", souligne-t-il.

"Une idée précise de ce qu'il voulait faire"

"Il y avait vraiment un rite initiatique qui consistait à aller s'entretenir avec lui. La rencontre avec Jean Daniel était quelque chose de très important pour faire partie du club, puisque c'est lui qui avait théorisé cette idée que son journal était un club de signatures, un club très ouvert de journalistes et d'intellectuels", se souvient Sylvain Courage.

Le rédacteur en chef décrit un homme "exigeant avec les journalistes", qui "aimait les connaître". Il se rappelle d'un directeur "très impérieux", qui "avait une idée précise de ce qu'il voulait faire." 

"Sa grande devise était de mettre de la culture dans la politique, et de la politique dans la culture. Il fallait que les articles aient suffisamment de profondeur, de culture, d'intelligence et en même temps il voulait que ce soit précis sur le plan de l'information", se remémore-t-il, avant de conclure : "Tous ceux qui l'ont connu comme rédacteur en chef disent que sa relecture était une épreuve à chaque fois. Ca peut laisser des souvenirs mitigés, mais il a aussi été le professeur de toute une génération de journalistes."