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Laurent Joffrin de retour à Libération

La direction de Libération a annoncé le retour de Laurent Joffrin au journal, ainsi qu'un plan de renflouement de 18 millions d'euros, porté notamment par le patron de Numéricable.
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Radio France
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 (Laurent Joffrin à La Rochelle, en 2010 © MAXPPP / Wostok Press)

L’avenir de Libération se précise. La direction du quotidien a annoncé ce jeudi le retour de Laurent Joffrin, qui occupera de nouveau le siège de directeur de la rédaction après la démission de Nicolas Demorand de ce poste en février.

"Je suis très content de revenir à Libération, a expliqué Laurent Joffrin à l'AFP. L'expérience peut être un atout, je connais bien le journal. " C'est en effet la troisième fois que Laurent Joffrin, qui vient de quitter le Nouvel Observateur, revient à la tête de Libération. Entré au quotidien en 1981, il l’avait quitté en 1988 pour rejoindre le Nouvel observateur, puis y était retourné en 1996 avant de le quitter de nouveau en 1999, d’y retourner de nouveau en 2006, d’en repartir en 2011… d’y retourner, enfin, aujourd’hui. Entre 2006 et 2011, c’est lui qui avait convaincu Bruno Ledoux d’entrer au capital du journal, alors à la recherche de fonds.

Bruno Ledoux qui est aujourd'hui à l'origine du projet de faire déménager la rédaction du journal de son siège parisien pour y installer "un espace culturel et de conférence comportant un studio télé, un studio radio, une newsroom digitale, un restaurant, un bar, et un incubateur de start-up ". L’annonce avait alors choqué les salariés et marqué le début d'un bras de fer entre eux et la direction, affiché quotidiennement des critiques sur une page du journal intitulée "Nous sommes un journal ".

18 millions pour renflouer le journal

La direction de Libération a également présenté un plan de renflouement de 18 millions d’euros pour le journal. Environ 80% de cette somme seront apportés par une holding détenue à parts égales par Patrick Drahi, patron de Numéricable et bientôt de SFR, et par la société de Bruno Ledoux.

Patrick Drahi rejoint donc la longue liste des hommes d'affaires qui ont renfloué Libération depuis trente ans, comme Edouard de Rothschild. Mais cette fois, les investisseurs n'étaient pas légion pour sauver le titre, au bord de la faillite depuis des mois. Libération, dont les ventes sont en chute libre, était délaissé par ses actionnaires, Edouard de Rothschild et le groupe italien Ersel, qui cherchaient à se désengager. Bruno Ledoux, copropriétaire du siège et actionnaire du journal, a pris la direction des opérations en début d'année et cherché de nouveaux partenaires, sollicitant notamment Patrick Drahi.

 

Les syndicats se sont dits satisfaits de la confirmation de la recapitalisation du journal ainsi que de l’ouverture d’une clause de cessions, qui permettra aux journalistes qui le souhaitent de quitter le quotidien dans de bonnes conditions. Cette clause risque de coûter cher aux nouveaux actionnaires, qui tablent sur une cinquantaine de départs sur 180 journalistes, ce qui représente 7 millions d’euros.

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