La liberté de la presse totalement ou partiellement restreinte dans 73% des pays du monde, selon Reporters sans frontières

RSF note une dégradation liée au Covid-19. Certains pays limitent l'accès "au terrain comme aux sources d’information, du fait ou au prétexte de la crise sanitaire"

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Radio France
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Une pancarte brandie lors d'une manifestation contre le projet de loi relative à la sécurité globale et pour la liberté de la presse, à Paris, le 16 mars 2021. (FIORA GARENZI / HANS LUCAS)

L’édition 2021 du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) révèle que le journalisme est "totalement ou partiellement bloqué" dans 73% des pays évalués, selon le rapport que franceinfo a pu consulter mardi 20 avril. Selon l'association, la pandémie de Covid-19 a dégradé les conditions de travail des journalistes.

Le "prétexte de la crise sanitaire"

"L’exercice du journalisme, principal vaccin contre le virus de la désinformation, est gravement entravé dans 73 des 180 États du classement établi par RSF et restreint dans 59 autres, soit au total 73 % des pays évalués", détaille le rapport. "Ces chiffres correspondent au nombre de pays classés rouge ou noir sur la carte mondiale de la liberté de la presse, c’est-à-dire ceux dans lesquels le journalisme est dans une 'situation difficile', voire 'très grave' et à ceux classés dans la zone orange, où l’exercice de la profession est considérée comme 'problématique'."

"Ce sont des pays dans lesquels, finalement, quand on regarde les choses, où ce vaccin contre la désinformation qu'est le journalisme est soit partiellement, soit complètement bloqué", explique sur franceinfo Christophe Deloire, directeur général de Reporters sans frontières (RSF). "Par exemple, en Amérique latine, où des présidents comme Bolsonaro au Brésil, Maduro au Venezuela, ont eux-mêmes propagé de fausses informations, y compris sur la pandémie, y compris au péril des vies de leurs concitoyens."

"Heureusement, il s'est trouvé dans ces pays des journalistes pour faire le boulot, pour prouver la fausseté des assertions de ces chefs d'État et de gouvernement et pour rétablir la vérité sur la pandémie, y compris sur le nombre de morts."

Christophe Deloire, directeur général de RSF

à franceinfo

RSF note une dégradation liée à la crise sanitaire du Covid-19. "Les journalistes sont confrontés à une 'fermeture des accès' au terrain comme aux sources d’information, du fait ou au prétexte de la crise sanitaire", explique l’association. "L’étude montre une difficulté croissante pour les journalistes d’enquêter et de faire des révélations sur des sujets sensibles, en particulier en Asie et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Europe."

RSF cite plusieurs exemples : "En Iran, les autorités ont renforcé leur contrôle sur l’information et multiplié les condamnations de journalistes pour mieux minimiser le nombre de décès liés à la Covid-19. En Egypte, le pouvoir du président al-Sissi interdit tout simplement la publication de chiffres sur la pandémie autres que ceux du ministère de la Santé."

La France est 34e sur 180

Les pays les mieux notés en ce qui concerne la liberté de la presse sont en Europe du Nord : "Pour la cinquième année consécutive, la Norvège est classée au premier rang, même si les médias ont mis en exergue un manque d’accès aux informations publiques sur la pandémie. La Finlande conserve sa place de deuxième, tandis que la Suède (3e, 1) retrouve sa place de troisième, perdue l’année dernière au profit du Danemark (4e, -1)."

Seuls 12 pays sur 180, soit 7 %, "peuvent encore se targuer d’offrir un environnement favorable à l’information", poursuit le rapport. La France est 34e, RSF rappelant que "les agressions contre les journalistes et les interpellations abusives s’y sont multipliées", tout comme en Allemagne ou en Italie.

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