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La conférence mondiale sur le sida boudée par les dirigeants

Elle sera l'occasion de faire le point sur l'état de la recherche et de la prise en charge des 33 millions de séropositifs. La 17ème conférence internationale sur le sida s'est ouverte hier à Mexico. Si scientifiques et associations sont présents, très peu de responsables politiques ont fait le déplacement. La lutte contre le sida ne semble plus une priorité...
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Radio France
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 (Radio France © REUTERS / Henry Romero)

Les discours étaient vibrants, appelant le monde à ne "jamais abandonner le combat". Les témoignages étaient poignants, à l'instar de cette jeune Hondurienne séropositive de 12 ans venue demander, au nom de toutes les enfants atteints du VIH, qu'on les "laisse grandir sans violence,
stigmatisation ou discrimination".

Et pourtant, la soirée d'ouverture de cette 17ème conférence mondiale consacrée à la lutte contre le sida avait un goût amer. Car dans la salle, pas ou peu de responsables politiques. Seule une poignée de dirigeants d'envergure avait fait le déplacement : Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, Bill Clinton, l'ancien président des Etats-Unis et Felipe Calderon, le président du Mexique... où se tient le sommet.

Pas de responsables politiques, donc, pour écouter et répondre aux 22.000 chercheurs, scientifiques, associatifs, militants et patients. Pour beaucoup, c'est une preuve de la baisse manifeste d'intérêt porté au problème.

"Une nouvelle phase"

Et pourtant, la lutte contre le sida est un point stratégique : "Nous entrons dans une nouvelle phase, parce que nous avons
maintenant des résultats sur une grande échelle", a affirmé Peter Piot, directeur exécutif de l'Onusida. "Pour la première fois, moins de gens meurent du sida, et moins de gens sont infectés".
_ Pour autant, "après tant de progrès", le monde ne semble pas prêt à tenir l'engagement formulé en 2006 par l'Onu d'un accès pour tous au traitement et à la prévention en 2010, a reconnu Pedro Cahn, président de la société internationale du sida.

Pendant toute la semaine, les participants évoqueront donc les améliorations qui sont encore à apporter en matière de prévention, de recherche sur les traitements ou le vaccin, de lutte contre la discrimination dont souffrent les séropositifs dans plusieurs régions du monde.

Le nombre des personnes affectées par le virus atteignait 33 millions en 2007, avec l'an dernier pas moins de 2,7 millions de
nouveaux cas.

Céline Asselot avec agences

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