L'arrivée d'un rédacteur en chef de "Valeurs actuelles" à Europe 1 crée "un gros malaise", dénonce le Syndicat national des journalistes

Dans un communiqué, le SNJ déplore "l'incroyable inconséquence de la direction" d'Europe 1, après l'annonce de la nomination de Louis de Raguenel au service politique de la station. 

La nomination de Louis de Raguenel, ancien rédacteur en chef de \"Valeurs actuelles\", à la tête du service politique d\'Europe 1, a été vivement critiquée par le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Société des rédacteurs de la radio, le 5 septembre 2020. 
La nomination de Louis de Raguenel, ancien rédacteur en chef de "Valeurs actuelles", à la tête du service politique d'Europe 1, a été vivement critiquée par le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la Société des rédacteurs de la radio, le 5 septembre 2020.  (THOMAS SAMSON / AFP)

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) et la société des rédacteurs d'Europe 1 ont vivement critiqué, samedi 5 septembre, l'annonce de la nomination de Louis de Raguenel, l'un des rédacteurs en chef de Valeurs actuelles, à la tête du service politique de la radio. Dans un communiqué, le SNJ évoque "l'incroyable inconséquence de la direction" et "un gros malaise" au sein de la rédaction d'Europe 1. 

Vendredi, Louis de Raguenel a annoncé sur Twitter qu'il quittait la rédaction en chef de Valeurs actuelles. Ce dernier a assuré que cette décision n'était pas liée à "la récente publication dans l'hebdomadaire du dessin" représentant la députée France insoumise Danièle Obono en esclave, qui avait déclenché un tollé. Un "dessin qui n'aurait pas dû exister", a-t-il tenu à souligner.

Dans la foulée, le site d'info Les Jours a révélé qu'il allait prendre la tête du service politique d'Europe 1. Une nouvelle non encore officialisée par la station du groupe Lagardère, mais qui provoque déjà des remous en son sein.

Un "affichage très contestable"

"L'annonce de l'arrivée de Louis de Raguenel à la rédaction d'Europe 1 crée un gros malaise en interne", a souligné le Syndicat national des journalistes (SNJ), dans un communiqué.

Pour ce syndicat, ce recrutement est "un affichage très contestable", d'autant qu'"il intervient moins d'une semaine après le scandale de la caricature raciste autour de la personne" de Danièle Obono. Le syndicat s'insurge en outre "que le service politique d'une radio généraliste soit désormais dirigé par quelqu'un qui a un passé assumé de militant politique", rappelant que l'ex-rédacteur en chef de Valeurs actuelles "a fait partie de l'équipe rapprochée de Claude Guéant, ministre de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy".

De son côté, la Société des rédacteurs d'Europe 1 "s'oppose farouchement" à cette nomination, a-t-elle déclaré dans un communiqué publié sur Twitter. "Comment accepter le choix d'un homme qui a œuvré pendant des années à la ligne éditoriale ultra-conservatrice du magazine Valeurs actuelles, journal d'opinion qui s'auto-revendique 'l'hebdo de la droite qui s'assume', et récemment visé par l'ouverture d'une enquête pour 'injures à caractère raciste' ?", s'indigne la SDR.