Grève à "L'Equipe" : "Nous avons fait de nouvelles avancées sur les conditions des départs volontaires", affirme le directeur général du groupe

Les salariés, opposés à la suppression d'une cinquantaine de postes, ont décidé de poursuivre leur mouvement entamé samedi. Jean-Louis Pelé explique qu'avec la crise du Covid-19 le quotidien sportif doit faire des économies.

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Les bureaux du journal l'Equipe, en 2015. (JOEL SAGET / AFP)

Les lecteurs de L'Equipe devront encore se passer de leur quotidien sportif mercredi 13 janvier. Les salariés, opposés à la suppression d'une cinquantaine de postes (sur 350), ont décidé de reconduire leur mouvement de grève pour une cinquième journée consécutive malgré une nouvelles réunion entre les syndicats et la direction du journal mardi. "Le point positif, c'est qu'on a pu échanger calmement sur les divergences qu'on pouvait constater sur ce plan. Il est discuté depuis le 3 novembre", estime sur franceinfo, Jean-Louis Pelé directeur général du groupe L'Equipe.

Un plan de départ lié à la crise du Covid-19

Jean-Louis Pelé affirme avoir réalisé "de nouvelles avancées sur les conditions des départs volontaires, sachant que l'objectif de la direction qui a été partagé avec l'ensemble des représentants du personnel c'est de favoriser les départs volontaires". Il indique que dans le cadre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), un salarié "qui a trente ans d'ancienneté", se verra proposer "de partir avec 3,5 années de salaires". "Il y a encore des discussions à avoir pour s'assurer qu'il n'y aura pas de départs contraints. On est prêts à étudier des possibilités de mobilité interne", ajoute Jean-Louis Pelé. D'autres rendez-vous sont prévus avec les syndicats mercredi et la semaine prochaine.

Les syndicats du journal contestent le PSE. Francis Magois, du Syndicat national des journalistes (SNJ), estime que Jean-Louis Pelé a proposé des conditions de départ améliorées mais regrette qu'il n'y ait pas d'"évolution significative". Il met en avant la "qualité", qui serait "dégradée" par ce plan. "Alors "que beaucoup de reporters regardent déjà des matches à la télé pour des raisons budgétaires (...), on va abandonner des pans entiers de l'éditorial, avance Francis Magois. On en train de sacrifier ce qui fait notre force, c'est un sabordage."

Le plan de départ qui prévoit la suppression de 35 postes chez les journalistes et huit chez les administratifs est lié à la crise du Covid-19, justifie Jean-Louis Pelé. "On a été touchés par l'arrêt des compétitions sportives et par le changement d'habitude des lecteurs", explique le directeur général du groupe L'Equipe.

"Comme les gens étaient confinés, ils ont perdu l'habitude d'aller en kiosque et comme ils sont en télétravail, il y a une diminution de la circulation dans les gares. On a une perte de vente aux numéros assez conséquente, entre 10 et 15%".

Jean-Louis Pelé

à franceinfo

Jean-Louis Pelé dit souhaiter "une solution rapide à ce conflit". Pour garder son lectorat, le quotidien sportif doit, selon son dirigeant, réaliser "des réformes importantes pour retrouver l'équilibre financier. Et mercredi le quotidien ne sera pas dans les kiosques, j'en suis navré".

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