Fermeture de France 4 reportée : "C'est un soulagement partiel", dit un délégué syndical SNJ de France Télévisions

Didier Givodan dénonce la disparition, d'ici la fin du mois d'août, de France Ô. Selon le syndicaliste, cette suppression ne peut pas être compensée par des programmes dédiés à l'outre-mer sur d'autres chaînes du groupe.

Le siège de France télévisions, le 19 mars 2019.
Le siège de France télévisions, le 19 mars 2019. (MAXPPP)

Alors que l'arrêt définitif de France 4 et France Ô était programmé au 9 août, la ministre de la Culture a annoncé, mardi 4 août, la prolongation de la diffusion de France 4 jusqu'à l'année prochaine. France Ô s'arrêtera, elle, le 23 août. "C'est un soulagement partiel", réagit sur franceinfo Didier Givodan, délégué syndical SNJ de France Télévisions.

Une pétition et des rassemblements

"On ne comprend pas les vraies raisons de ce sursis. Est-ce la perspective d'un rebond de la crise sanitaire et donc la nécessité d'avoir une chaîne dédiée à l'éducation ? Est-ce que c'est toujours l'idée de pouvoir y diffuser les Jeux Olympiques ? Dans tous les cas, la réduction du périmètre du service public est toujours une mauvaise chose", juge le syndicaliste.

"Pour France Ô, ça fait deux ans que le compte à rebours est entamé", affirme le syndicaliste. "Jusqu'au dernier moment, les salariés de France Ô, convaincus de l'intérêt de cette chaîne, se sont battus", explique Didier Givodan.

Il y avait encore des rassemblements ces derniers jours, une pétition avec de nombreux artistes qui ont expliqué en quoi cette chaîne était utile pour la connaissance des Outre-mer.Didier Givodan, délégué SNJ de France Télévisionà franceinfo

Le ministère de la Culture affirme lui ne plus vouloir réserver la culture ultra-marine à une seule antenne. Un argument irrecevable pour Didier Givodan. "L'exposition de temps à autre sur d'autres chaînes ou le numérique, ça vient compléter une chaîne spécialisée, pas la remplacer."

Pas inquiet pour France 4

Dans un communiqué, le ministère de tutelle a rappelé que la fermeture de France Ô ne provoquerait aucun licenciement. "Le site de Malakoff emploie des salariés qui travaillent pour France Ô, mais aussi pour d'autres activités au service de l'Outre-mer. Pour eux, les tâches demeurent", indique Didier Givodan. "En revanche, d'autres ne se consacraient qu'à France Ô, et ils se trouvent confrontés à un problème qui n'a pas été réglé depuis deux ans."

Didier Givodan ne se dit pas inquiet pour la grille des programmes de France 4 pour la rentrée, alors que la chaîne devait fermer. "Dans la mesure où la chaîne a réussi à s'adapter aux besoins pendant une crise sanitaire non planifiée, ce ne sera pas compliqué de prolonger."