Russie : prison pour un manifestant solidaire de "Charlie Hebdo"

Il avait défilé seul samedi sur une place située à deux pas du Kremlin avec une pancarte "Je suis Charlie". Il a écopé de huit jours de prison "pour violation des règles d'organisation d'un événement public".

Une pancarte \"Je suis Charlie\" posée devant l\'ambassade de France à Moscou, le 9 janvier 2015.
Une pancarte "Je suis Charlie" posée devant l'ambassade de France à Moscou, le 9 janvier 2015. (MAKSIM BLINOV / RIA NOVOSTI / AFP)

En Russie, manifester son soutien à Charlie Hebdo peut mener en prison. Un militant russe a été condamné, vendredi 16 janvier, à huit jours de prison pour avoir manifesté au pied du Kremlin son soutien à l'hebdomadaire satirique, visé par une attaque terroriste le 7 janvier.

Mark Galperine, qui avait défilé seul, samedi, sur la place du Manège, à deux pas du Kremlin, avec une pancarte "Je suis Charlie", a été condamné "pour violation des règles d'organisation d'un événement public", précise une porte-parole du tribunal de Moscou. Le manifestant n'avait pas demandé l'autorisation des autorités municipales, a-t-elle précisé.

Les médias russes prudents

Si la Russie a salué, dans un premier temps, la marche historique organisée dimanche à Paris contre le terrorisme, de nombreux médias et responsables se montrent désormais plus prudents.

Ainsi, l'autorité russe de surveillance des médias, Roskomnadzor, a appelé vendredi les médias russes à "s'abstenir de publier" des caricatures du prophète Mahomet, dessinées par Charlie Hebdo.

Un demi-million de manifestants anti-caricatures attendus en Tchétchénie

Les caricatures vont à "l'encontre des normes éthiques et morales établies pendant des siècles de cohabitation entre différents peuples et confessions religieuses" sur le territoire de Russie, a-t-elle estimé dans un communiqué. Elles peuvent "être jugées insultantes et humiliantes (...) et qualifiées d'incitation à la haine interethnique et religieuse" en Russie où l'islam est la deuxième religion, après l'orthodoxie, a indiqué Roskomnadzor.

L'"incitation à la haine" raciale, interethnique ou religieuse est condamnée par de lourdes amendes en vertu de l'article 282 du code pénal russe, dans lequel de nombreuses ONG voient une atteinte à la liberté d'expression. Près d'un demi-million de personnes devraient se réunir dimanche en Tchétchénie, république majoritairement musulmane du Caucase russe, afin de protester contre la publication des caricatures de l'hebdomadaire, selon son dirigeant Ramzan Kadyrov.